.“68 MfiMOlRES DF, NAPOLEON.
quc dans celui de Vauban , la troudene peut avoir lieu qu’ä deux ou troislieues entre deux places. II seraitaussi beaucoup plus facile de surpren-die une des places de ce nouveau Sys-teme.
Mais faut-il ddfendre une capitaleen la couvrant directement, ou ens’enfermant dans un camp retranchdsur les derrieres? Le premier partiest le plus sür: il pennet de ddfendrele passage des rividres, les ddfiles; desecrder mdme des positions de Cam-pagne ; de se renforcer de toutes sestroupes de l’intdrieur, dans le tempsque l’ennemi s’aflfaiblitinsensiblement.Ce serait prendre un mauvais parti,que celui de se laisser enfermer dansun camp retranchd ; on courrait risqued’y ßtre forcd, d’y dtre au moins blo-qud, et d’dtre rdduit ä se faire jour,l’dpde ät la main, pour se procurer dupain et des fourrages. II faut quatreou cinq Cents voitures par jour, pournourrir une armde de cent mille hom-mes. L’armde envahissante etant su-pdrieure d’un tiers en infanterie, ca-valerie et artillerie, empöcherait lesconvois d’y arriver; et sans les blo-quer hermdtiquement, comme on blo-que les places, eile rendrait les arri-vages si difficiles, que la famine seraitdans le camp.
II reste un troisieme parli, celui demanoeuvrer sans se laisser acculer ä lacapitale que l’on veul ddfendre, nirenfermer dans un camp retranchdsur les derrieres; il faut pour cela,une bonne armde, de bons gdndrauxet un bon clief. En gdndral, l’idee decouvrir une capitale, ou un point quel-conque, par des marclics de llanc,comporte avec eile la ndcessitd d’undetuchement, et lesinconvdniens alta—dies a toule disseminalion devanl uneormee supdrieure.
Aprds l’allaire de Smolensk, en1812 , l’armde frangaisc , marchantdroit sur Moskou , le gdndral Kutuso'vVcouvrit cette ville par des mouvemen®successifs, jusqu’d ce que, arrivd ®°camp retranchd de Mojaisk , ilferme et accepta la bataille; Kaya 0 *perdue, il continua sa marche, et tra-versa la capitale qui tomba au pouvoifdu vainqueur. S’il se füt retird dans 1®direction de Kiow, il eut attire ä l ull’armde franfaise; mais il lui eüt fall 0alors couvrir Moskou par un ddtache'ment, et rien n’empßchait le gdndr®'fran^ais de faire suivre ce detachemei'|par un ddtachement supdrieur q u)l’eüt contraint dgalement ä evacuercette importante capitale.
De pareilles questions proposees &resoudre ä Turcnne , ä Yillars, ou ^Eugene de Savoie, les auraient foftembarrassds. Dogmatiser sur ce q° el’on n’a pas pratique, est l’apanage del’ignorance: c’est croire resoudre p® rune forrnule du deuxieme degrd, u°Probleme de geometrie transcendantequi ferait pälir Lagrange ou Laplace-Toutes ces questions de grande tactiq uesorit des problemes physicomathem®'tiques inddlerminds, qui ont plusieuf®Solutions, et qui ne peuventdtre rds0"lus par les formules de la geomdtfl edlementaire.
VII" NOTE.
De la guerre offensive.
| I’agc 443 . )
« lo Dans les elats despotiques, lesmees seules prennent pari 4 la guerre,clles se battnnt cn general saus passion 8 »par cons£quent fort mal, 4 moins qu’e 06 ®ne soient animees de l’csprit de fanaU’ st ° e 'qui est presque la sculo dont eiles soi esuseeptiblcs. Le pcuple n’y prend aucun 10töret, pourvu qu’on ne Messe ni ses usa£ e ®'