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Tome sixième.
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404 MKMOlllES DE NAPGI.liON.

rer l’epee (n). Alors les plus sages de ses ge-ncraux effrayes de tant d'extravagance, luirepresentent la necessile de s’arröter sur lesdcux fleuycs, pour rallier ses troupcs, lesreorganiser, assurer ses derrieres, formerdes places de depöt, des raagasins, des höpi-taux, et preudre cn un mot une base d’ope-rations, avant de s’enfoncer plus avant dansun pays dont tous lcs habitans prcnaientpart a la guerre. II convienl de la justessede ces observations, et le lendemain, il faittout le conlraire : il s’engage sur la route deMoscou , il marclie sur cettc capilale ä troisCents lieues de sa base d’operations sur laYislule. Des lorssapertedevient inevitable,et ses victoires meines ne peuvent le sau-ver (a). Aussi imprudent que Charles XII ,

(a) Pas un malade, pas un hommeisolö, pas une estafette, pas un con-voi n’ont ötö enleves pendant cetteCampagne, depuis Mayence jusqu’ütMoscou ; on n’a pas ötö un jour sansrecevoir des nouvelles de France; Paris n’a pas dte un jour sans recevoir deslettres de l’armöe. On a tire, ä la ba-taille de Smolensk , plus de soixantemille coups de canon ; le double ä labataille de la Moskowa; la consomma-tion a etd considerable dans les petitscombats, et cependant, partant deMoscou , chaque piece ötait approvi-sionnde ä trois Cent cinquante coups;on eut une teile surabondance de mu-uitions et de Caissons, qu’on en brülacinq Cents dans le Kremlin , oü on de-truisit plusieurs centaines de milliersde poudre et soixante mille fusils. Lesmunitions n’ont jamais manque. Celafait l’dloge des generaux Lariboissiereet Ebld, commandant rartillerie. Ja-mais les ofliciers de ce corps n’ontservi avec plus de distinction et n’ontmontrd plus d’habiletd que dans cetteCampagne. Il y a autant de faussetdsque d’assertions dans le passage quenous relevons.

(l>) G’est bien mnlconnailrc la Rus-

il (lut öprouver la möme catastrophe. D *youlu rojeter ses malhcurs sur les rigUCUTSde la saison : d’abord il ötait aise de prövoirqu’il ferait tres froid en llussie au mois dejanvier (o), ensuite, il eüt fait sa retraite c n

sie, que de supposer que les habitansprennent partä la guerre ; les paysanssont esclaves; les seigneurs craignantleur revolte, les conduisirent dansleurs terres de l’intdrieur de l’empire»ä peu prös comme on conduit deschevaux ou des troupeaux de boeufs-Les esclaves ötaient tres favorablesaux Frangais, ils en attendaient leufliberte ; les bourgeois ou esclaves q ulavaient 6t6 affranchis et qui habitaientles petites villes, ötaient fort dispos^sä se mettre en töte de l’insurrectioncontrc la noblesse, ce qui fit prendrele parti aux Kusses de mettre le feu ätoutes les villes situöes sur les routesde l’armöe, perte immense, indöpen'damment de celle de Moscou . Ils mi"rent aussi le feu aux villages, malgf^l’opposition des habitans, au moyendes Gosaques, qui, fort ennemis desMoscovites, öprouvaient une grandejoie de leur faire du mal.

On n’a pas besoin «le dirc que l eSgönöraux de l’armöe ne firent aucuneremontrance ä Napolöon ; cette asser'tion est si absurde, qu’elle ne merit eaucune refutation serieuse; ce sonldes dire de libelles.

(a) 1° Charles XII parcourut cindcents lieues dans le pays ennemi; 2“perdit sa ligne d’opörations le lende'main deson depart de Smolensk ; 3"’*resta une annöe sans recevoir des noU'veiles de Stockholm ; 4® il n’eut a u 'cune armöc de röserve. 1° Napoleonne fit que ccnt lieues en pays ennenaii2° il conserva toujours sa ligne d’opd'rations ; 3” il regut tous les jours desnouvelles et des convois de France