MEM01UES DB NACOLEON.
Saint-James fut etonne de voir la re-publique debout et terrible. II comptaaveceffroi les quatorze armees de laConvention qui avait tue son roi, et ilsalaria l’Europe pour tächer de luer laFrance, Les commissaires anglais avaient vu dresser l’echafaud. Leursrapports avec Danton , Robespierre etles comites directeurs, sont averes.
Pitt voyaitavec douleur l’Angleterreaugmenter sa dette par les immensessubsides qu’elle payait ä l’Europe ,pour balancer l’effet des victoires dela republique. La Prusselui echappait;la Russie etait loin : eile observaitl’Europe ; eile ne donnerait que desvaisseaux. L’Autriche seule avait desarmees nombreuses et disponibles;eile avait des injures personnelies ävenger. Quant ä l’Espagne , eile me-nafait de sacrifier de bonne heure sesliens de famille ä ce qu’elle crovaitölre son interöt. Aussi ce fut vers l’Au-triche et le Corps germanique, qu’onappelait l’Empire, que Pitt dirigea lesefforts de sa politique; seuls ils soute-naient encore sur le continent la lutlecontre la revolution. La republiqueetait assiögöe sur le Rhin et sur lesAlpes, dans le temps que Toulon tom-bait au pouvoir des coalises. De touscötes la France etait bloquee, et l’An-gleterre se flattait d’un triompbe pro-cliain, quand Napoleon contribua a lareprise de Toulon .
Deux ans apres, Pitt confut la fata-le expedition de Quiberon , qui coüteä la France plusieurs centaines d’otli-ciers de marine, reste descompagnonsde Suffren. La flotte anglaise fut spcc-tatrice de la destruction de l’elile del’emigration, jetee par eile sur les cö-tes de Bretagne . Douze Cents emigresfurent fusilles par les ordres des com-missaires de la Convention. Le generalHoehe parvint ä en sauver un grand
nombre. Quand on osa dire dans leparlement que ces malbeureux avaientete sacrities par la politique du cabinet,le ministere repondit: Du moins, Usang anglais n’a pas coule. — Non, sctnsdoute, s’ecria Sheridan; mais l'/wnneuranglais a coule par tous les pores. ToU*tes les tentativcs de l’Angleterre surleterritoire fran^ais n’ont pas eu un sortplus heureux pour ses armes; maiscelle-ci ne fut reellement fatale qu’ä laFrance . Pitt ne voulut dire autre cho-se, sinon qu’il n’en avait coütö J que del’argent ä sa nation: comme ministre»il ne pouvait pas faire un plus grandaveu.
L’eloignement dans lequel l’Angle'terre tint constamment les PrinceSfran<;ais des armees de la ’Vendee, odils etaient sans cesse annonces et vai'nementattendus, prouve suflisammeidle but de sa politique, qui etait non 1°retablissement du tröne des Bourbon 8 ’mais la destruction des Franfais par le 8Francais . Pitt fut en röalite le bau-quier de la guerre civile; il avait ü sesgages tous les flöaux comme toutesle 8defaites. L’entreprise sur Dunkerque >en 1793, le couvrit de honte. En 179k’il rendit ridicule son roi, eu plagan*momentanöment sur sa töte la cott"rönne que Iui offrit l’insurrection cof'se. La scene changca en 179G. NapO'löon parutä la töte de l’armee d’Ualieises victoires atlirerent tous lesregard 8de rAngletcrre ; eile en previt les to-sultats, et eile pröla l’oreille aux pr°"positions du Directoire . Les conferefl'ces furent ouverles ö Lille ; eiles ötaientutiles ä la Conservation de son credit»et facilitaient ses derniers empruiit 8 -Napoleon, en signantles preliminairc 8de Löoben, le 14 avril 1797, avait in»'pose la paix aulant au Directoire qula rnaison d’Autriche , veuve de ein 1 !helles armees. La paix pouvait deve»> r