L’EüftÖFE
generale, et le grand ceuvre de la re-Volution ötre sanctionne ä Lille ; maiäle Directoire ne se sentit pas assezfort, vis-ä-vis de la nation, pour sou-lenir cette grande Situation. II avaitbesoin de detourner les regards deso« Administration interieure; et, pours e creer une nouvelle ressource con-tre l’attention publiuue, il rompithrnsquernent, le 18 septembre, lesConferences de Lille . La negociation ,quelque difficile qu’elle füt par elle-difime et a cause du Directoire , enr aison de son esprit revolutionnaire etde son instabilite constilutionnelle.avait eie habilement conduite par Ple-Ville-Ie-Pelet, Letourneur de la Man-che, et Maret qui avait la directiouPrincipale des negocialions, bons ci-loyens qui chercherent en consciencea assurer le salut de la revolution fran-Caisc par nn traite avec spn plus dan-Scrcux enuemi. Un ipois apres cetterupture, le 18 octobre, Napoleon si-8*ia la paix de Campo-Formio. Sansl’esprit de verlige qui aveuglait lellirectoire, la France avait ä la fois lapaix de l’Angleterre et celle de l’Au-triche. On ne peut calculer ce quescroientdevcnues ses destinees a cetteepoquc, oü eile avait encore tantd’en-lliousjiasme de patrie: la seule attitudede la nation aurait sufli pour subju-8ocr l’Europe , et clianger son Systemede gouvernement, puisquc teile elaitlo religion d’etat en France.
L’Anglblerre reptra natiirellement,Por teilet de la demcncedu Directoire,<la 'is sa carriere de hainq et d’agres-si °" contre la repubüquc, avpc unqui devait rendre le Directoirehlos odieux ä la France et ä l’Europe .
directoire prit avanlage de cetterupture qu’il mit sur le comptc de^'gleterre , pour continuer contree " e l’accusation nationale ; mois, dans
m 1798 . m
la capitale, l’opinion publique sepro-non^a contre la guerre. Les negocia-teurs, revenus de Lille , ne furent pointetrangers au bläme qui s’eleva contreles meneurs du gouvernement; et leparti qui desirait sa chute vit avecsa-tisfaction une accusation d’etat aussigrave se joindre aux autres causes demecontentement.
Napoleon traitait alors ä son quar-tier-general de Neuwald, pres deLeoben, de la paix avec l’Autriche . IIse prononca hautement pour la paixavec l’Angleterre, ä quelque prix quece füt: il la considerait corame indis-pensable ä la consolidation de la repu-blique. 11 l’a prouve depuis, ä sonavenement au consulat et a l’empire;plus tard, a Tilsitt et ä Erfurt : mais lecabinet de Saint-James, qui avait cteau moment de signer la paix avec leDirectoire , gouvernement faible etdebonnaire, se refusa constamment ätoutes les ouvertures de Napoleon ,parce que son gouvernement etait fortet hereditaire. Il ne pouvait pas mani-fester sa haine pour la France d’unemaniere plus evidente : car , sous Na-poleon , fl ne s’agissait plus de propa-gande; l’esprit revolutionnaire avaitcte comprime. Le 18 brumaire etl’Empire avajent venge avec eclat leSysteme monarchique. Que voulaitdonc l’Angleterre en refusant la paixau vaitiqueur de Marengo, au premjerconsul, que la France et l’Europe sa-luaient du beau nom de iiberaleur, äl’empereur des Franf.ais dont tous lesrois recherchaieiit l’alliance ? Ellecomprit que rien ne pouvait plus ar-reter la prosperite de la France , si eilejouissait du bienfait de [a paix generale.Elle s’cffraya de l’idec que la marinefrancaise, reprenant son ancien eclat,ne lui disputüt un jour l’empire desmers. Napoleon ne s’egara point dai)»