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Tome sixième.
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MEMOIRES DE NAPOI.EON.

visionnemens de lous genres; mais onavait l’inquietudc de Yoir perdre lefruit de cette heurcuse invasion due äla solidite du tleuve, et de rentrer dansles lenteurs d’une Campagne ordinaireopres un liivernage dangereux. Heu-reusement le froid reprit toute sa ri-gueur, et les troupes de l’ile Batavefurent delivrees.

L’armöe rentra en Operation le 11janvier. L’ennemi fut forc6 sur la Lin-ge. Apres une affaire sanglante, Bu-ren et Cuilenbonrg tomberent. Lesallies se retirerent sur la rive droite duRhin . Gertuydemberg perdit quelquesforts. Pichegru avait un avantage im-mense: c’etait la conspiration moraledu pays en faveur de la republique.Lesvilles qu’il prenait se disaient deli-vrees; eiles l’etaicnt en eilet. Lesbourgeois, opprim6s par les noblesdepuis sept ans, allaient au devant duvainqucur. Le general fran^ais gagnaitä cliaque succes militaire des auxiliai-res, et de plus il detruisait les alliös etles troupes stalhouderiennes. TI menaitdeux affaires qui s’aidaient mutuelle-ment: une revolution pour la nationenvabie, et une guerre contre les op-presseurs de cette nation; ceci ne sepassail pas secretement, la Conventionle faisait publier par ses agens.

Le general liollandais Daendcls,qui, lors des premiers troubles, s’etaitrefugie dans le Service de France pourse soustrairc a la vcngcance stalhou-dörienne, ecrivit aux villes: « Les re-» presentans du peuplc frarifais exi-» gent de la nation hollandaise qu’elle» s’affranchisse eile möme. Hs ne veu-» Icntpointlasoumettreen vainqueurs;» ils ne veulent point la t'orcer ä accep-» ter les assignats, mais s'ullier avec eile» comme avec un peuple libre. Que Dor-» drecht, Jlarlem, Leyde, Amsterdam ,» fassent donc la revolution, et en in-

» forment, par des döputes, les reprö-» sentans ä Bois-le-Duc . » 11 ötait im-possible d’avoir une mcilleure polili-que. Un pareil langagc, soutenu etconfirme par les mouvemens et lessucces d’une belle armee, ne pouvaitmanquer son effet. TI devait con-vaincre et exalter les popnlations.Cette guerre aurait bien pu s’ap-peler, et justement, la guerre du bienpublic; car eile profltait au deux na-tions, dans leurs int6r6ts les moinssuspects. II y avait Service bien en-tendu, reconnaissance naturelle, abliance prochaine et indissolublc.

Aussi la lettre de Daendels circularapidement dans toutes les villes; &Leyde , eile eut une puissancc <51ec-trique : la bourgeoisre dcclara pai'siblemerit aux magislrats que leursfonclions avaient cesse, eile en nomm ad’autres. La revolution se fit en ffl'mille. Dans la journee mtme oü l* 1lettre tut rcfue a Amsterdam , il n'yeut d’autre difference avec la con-duite de Leyde , si non que les magiS'trats demanderent vingt-quatre he* 1 'res pour deliberer ; mais, comme > |8döliböraient, arriva un aide-dc-catnPde Daendels , qui les rendit resp° n 'sables de la tranquillite publiq l,e 'Alors, les bourgmeslres donneren!leur demission, et un commanda 0 *'franfais remplaf.a le commandant st* 1 "thouderien. Les couleurs national 08furent aiborees: comme a Leyde , ch a 'eun prit le regimc de la republiqn 6 ’ ele lendemain , Daenuels entra dansAmsterdam avec quelques troup eS ‘

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Utrecht avait egalement ouven •portes ä Pichegru . La conventi 0 ®avait completement reussi dans ■plan. C’etait la Holland« elle-m® 11 ^qui avait Fait sa revolution , s° u ® ^protection franfaise. Los cliangerric' 1 ^s’opdrerent du 15 au 131 janvier.