Band 
Tome septième.
Seite
1091
JPEG-Download
 

BULLETINS DE LA GRANDE-ARMEE.

gaisons de boeufs, de salaisons, d’habille-ments; on fit mfeme ä Bayonne des distri-butions de foin comprime et envoye d’An-gleterre dans des caisses.

La posilion qu’avait prise Je generalClausei inquietait lord Wellington; il crai-gnait pourlasüretedescspostes de Saint-Jean-de-Luz, son quartier-general. 11 fitaltaquer Saint-Jean-Pied-dc-Port; mais ilfut repousse. Le general Harispe avaitpris le commandement de notre extrfemegauche, organise la levee des Basques, etchaque jour il dispersait les fourrageursemicmis.

Le 1“ janvier, un detachement anglaisse presenta avec du canon sur la rive gau-che de l’Adour, devänt l’ile de Broc; ilfut de suite repousse et contraint d’aban-donncr le rivage avec pertc.

Le duc de Dalmatie, assurc de la bonnedefense de Bayonne et de l’Adour, fit pla-cor le general Clausel derriere la Joyeuse.Lc 5 janvier, on chassa de la Bastide deClarence un regimenl anglais. Le general1‘iiris se porta en face de ßouloc, oü l’en-nemi avait un fort detachement. Les jour-nces des 4 et 3 janvier se passerent asseztranquillement en manceuvrcs; notre ca-valerie legere, pleine d’ardeur, lit quelquesprisonniers et inquieta beaucoup l’ennemi.Lord Wellington otait accouru de Saint-Jean-de-Luz; il ne laissait devant Bayonneet l’Adour que quelques detachemcnts; saligne se forma sur llasparens.

Le ß, il deploya vingt mille hommes;et ä trois heures apres midi il lit atlaquerun bataillon de la sixiemc division, placeen avant de la Baslide de Clarence conuncavanl-postc. Ce bataillon se reploya avecordre; les deux armees reslercnt en pre-seuce jusqu’ä dix heures du matin du 7;la balaillc paraissait imminente; maisl’armee anglaise se mit en relraile surditferenles directions, et disparut entiere-ment: Wellington venait de s’apercevoirque la partie de l’armee franpaise resteedans les retranchements de Bayonne do-bouchait sur ses derrieres, et allait luicouper toute relraile sur Sainl-Jean-de-Luz.

Bayonne est mainlcnant un des plusformidables boulcvarts de l’empire.

La mesintelligence entre les troupes cs-pagnoles et anglaises parait augmenlerchaque jour.

Du 24 janvier.

S. M. l’Empereur et Roi, devant partiriiicessamment pour se meltre a la tele deses armees, a confere, pour lc temps deson absencc, la regeneo ä S. M. ITmpera-h'ictvlteiue, par leüres-, s dateesd'hier 23.

Le mferne jour, S. M. l’Imperatrice-Reine a pröte serment comme regente, en-tre les mains de l’Empereur, et dans unconseil compose des princes francais, desgrands dignitaires, des ministres du ca-binet et des ministres d’Ktat.

Du 25 janvier.

Co matin, ä sept heures, S. M. l’Empe-rcur et Roi est parti pour se mettre ä latfete de ses armees.

Extrait du Monitmr du janvier 1814.

Saint-Dizier, 28 janvier 1814 .

L’ennemi etait ici depuis deux jours, ycommetlant les plus alireuses vexalions :il ne respeclait ui l’ägc, ni le sexe; lesfemmes et les vieillards etaient en butte äses yiolences et a, ses oulrages. La i'emmedu sieur Canard, liehe formier, ägee decinquante ans, est morle des mauvaistrai-tcmenls qu’elle a eprouves : son mari,plus que septuagenairc, est ä la mort. Ilserait troj) doulourcux de rapporter ici laliste des aulrcs victimes. L’arrivee destroupes franpaiscs enlrees hier dans notreville a nns un torme a nos malheurs.L’ennemi ayant voulu opposer quelqueresistance, a eie bientöl mis en derouteavec une perte considerable. L’entree deS. M. l’Empereur a donne lieu aux scenesles plus louchantes. Toute la populationse pressait autour de lui; tous les mauxparaissaienl oublies. 11 nous rendait la se-curile pour tout ce que nous avons de pluseher. Un vieux eolouel, M. Bouland, ägcde soixaute-dix ans, s’cst jete a ses pieds,qu’il baignait de larmes de joie. il expri-mait tout ä la Ibis la douleur qu’un bravesoldat avait ressenlie en voyant les enne-mis souiller le söl natal, et le bonheur deles voir fuir devant les aigles imperiales.

Nous apprenons que lc meme enthou-siasme qui a eclate ici s’est manifeste aBar, a i’arrivee de nos troupes. L’ennemiavait dejä pris la luile.

Aprcs la prise de Saint-Dizier, l’Empo-reur s’esl porle sur les derrieres de ren-nend a Brienne, l’a ha (tu le 2!), <>t s’estetnpare de la ville et du chateau apresune aflairc d’arriere-gartle assez vivo