BATAILLE DE TOULOUSE. Ü13
MAHS.
Le marechal Soult prit la determinationde poursuivre son mouvement de retraite.Arrive ä Saint-Sever, il repasse l'Adour;par des manceuvrcs habiles, il derobe deuxmarches a son adversaire, et fit perdre äWellington tous los avantages qu’il auraitpu tirer de la bataille d’Orthez.
Ayant ainsi trompe 1’enneini, Farmeocontinua sa retraile sur Aire; les magasinsde cette ville et ccux de Barcelonne furentevacues malgre les efforls des allies. Le ge-neral Klausel se maintint avec valcur danssa posilion d’Aire, contre les efforts d unebrigade portugaise et eeux de la divisionanglaise Steuarl.
Le 13' de chasseurs de la brigade Bertona execute une Charge brillante sur la ca-valerie de lord Somraerset. Au combatd’Aire, nolre perle aete peu considerable;les allies ont cu plus de douze cents hommeshors de combat.
L’csprit public csl exccllent; les vele-rans de l'armce s’organisenl et demandenta combaltre.
Le 12, l’armee sc mit en marche pourmanoeuvrer sur la droite de Tcnncmi, maisayant appris quc le general Ilill avait eterenforce, le marechal se relira par Sima-courbe et Lambege sur Vic-Bigorrc.
Le general Berton, avec la cavalerielegere, Charge de contrarier la marche desallies, exeeuta cet ordrc avec succes; eche-lonnc derrierc Moubourguct, il attemlit qucla cavalerie anglaise en deboucbäl pour lacharger avec impeluosile. Il la culbutajusque dans la ville. Le eolonel Duchatel,du 21 c de chasseurs, tua de sa main unlicutcnant-colonel des dragons hanovriens.
L’armee francaisc continua sa marchesur Tarbes, oü eile arröta cncore Welling-ton qui croyait poursuivre une armee enplcinc retraile. Le lcndemain, olle suivitla route de Tarbes ä Toulouse, sans qucla nombreuse cavalerie anglaise osät Fm-quieter serieusemeut.
AVRIL.
Arrivö ;i Toulouse, le duc de Dalmalieresolut d’y altendre l’ennemi. 11 profita dela lcnteur avec laquellc Wellington le sui-vit, pour clever un camp relranche autourde la ville. Les soldats, lenant 1 armed’une main, travaillaienl de l'autro; äl’aspectde l’etranger, la plus grande parliedes citoyens, les eiudiants en droit et enßiedecine se souviennent qu’ils sont Fran-fais et accourcnt ä la defense de la patrio.
Le marechal placa d’abonl sa pclite ar-ttiee surla rive gauclie de la Garonne , lagauchc au chemin de Muret, et la droite a
unelieue en avant de Toulouse, defendantles approches du faubourg Saint-Cyprien.Ce faubourg fut ferme en entier par desouvrages de Campagne appuyes sur deuxfortes redoutes, elevees l’une ä la töte dulont qui joint le faubourg ä la ville, et’autre sur la route d’Auch. Trois redoutesdefendirent les trois ponts situes sur le ca-nal du Languedoc; cinq furent elevees surun coteau qui domine le canal au nord etä l’est; tous les ponts sur la riviere d’Ersfurent mines ou detruits. Ccs nombreuxretranchements, ces lignes formidables,conslruits en trois jours, monlrerent auxAnglais ce que peuvent le patriotismc descitoyens, et l’ardeur des soldats francaisdiriges par un habile general.
L’ennemi n'arriva que le 6 devant lesrnurs de Toulouse. Il voulut d’abord atta-quer Ic faubourg Saint-Michcl, defendunaturellement par la Garonne, l’Arriege etun terrain marecageux, et que le marechalavait juge inutilode retrancher. Welling-ton avait aussi l’intention de nous couperla route de Castelnaudary; mais le duc deDalmalie meprisa ce mouvement, et lesallies se convainqnirenl bienlöt que leurprojet etait impraticablc.
Le 9, loute l’armec allieo passa sur lar , lv<3 i.droite de la Garonne, a l'exccpliondes divisions Ilill et Picton, ohargees, il’at-taquer le faubourg Saint-Cyprien.
Le marechal Soult placa sa petite armeedans la position suivante :
,Lcs deux divisions, commandees par legeneral Reille, dans les retranchements dufaubourg Saint-Cyprien;
Les divisions Darricau et Maransin,s’appuyant ä l'embouchure du canal, for-maient la gauclie de l’armee;
Le comtc d’Erlon, avec les divisionsd’Armagnac et Yillale, commandait leccntre;
Le general Clauscl, avec la divisionTaupin et la cavalerie de l’armee, sous lesordres du general Soult, fröre du marechal,formait la droite;
La reservc de conscrils, sous le generalTravol, gardait les ouvrages du pont desDemoiselles;
La garde nationale de Toulouse faisaitIc Service dans Tintcricur et aux porles;
Le marechal se placa de sa personnc aucent re sur la redoute la plus elevec, alind’embrasser d’un seul coup-d’oeil loute laligne et d’cn diriger les mouvcmenls.
Le 10, vers 0 heures du matin, l’armeeallieo s’ebranla sur tous los points; les ge-neraux Ilill et Picton attaquörent le fau-bourg Saint-Cyprien : deux bataillons dela brigade Berber continrent tous les effortsde Fcnnemi ä la jonclion du nouveau canalavec Fanden.
Le general Bcresfqrt passa l’Ers et alta-qua vivement la division Yillate. Le gene-