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Tome septième.
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BATAILLE DE PARIS. 1121

montes en etat d’enlrer en ligne; mais d’a-pres Jes ordres de Joseph, le general Pre-val en forma un regiment de marclie qui,sous la conduite du colonel de Carignan,escorta, le 30, TImperatrice jusqu’a Ram-bouillet.

En quittant Paris, l’Empereur y laissavingt-deux cadres de bataillons de jeunegarde; mais la formalioo des divisionsCharpentier et Boyer de Rebeval les avaitenleves des le 15 fcvrier. II est vrai de direqu’au für et ä mesurc que les regimentssepuisaient ä l’armee, leurs cadres reve-naient se remplir a Paris; cependant de-puis le renvoi fait de Soissons par le ducdeTrevise, de vingt-un officiers et quatre-vingt-douze sous-officiers, il n’cn ctait plusrevenu, et le detachement parti le 17 marsavec le general Lefebvre-Dcsnouettes,avaitpresque tout enleve, cadres et conscrits.

II ne restait de disponible, aa 28 marsmatin, dans tous les depöts de la garde,que trois mille six cents hommes d’infan-tcrie, quinzc cenlsde cavalerie etcent cin-qüante d’artillerie ou du train, quand, surravis de Tapproche de Tennemi, il partitavant midi pour Meaux , un detachementde quinze cents fantassins et sept centschevaux sous les ordres du general Guye,lequel se rcunit ä Claye, comme on l’a vuplus haut, au corps du general Compans.Dans la journee du 29, quinze cents hom-mes d’inlanterie et environ trois cents decavalerie formerent l’escortc de l’Impera-trice et du Roi de Rome; il n’y avait doncpour renforccr l’armee que six cents hom-mes de pied et trois cents cavaliers: nean-moins, vu l’urgenco du moment, le comleOrnano crut devoir opposer a l’ennemi en-viron quatre mille conscrits non encorcorganises, et en forma une division dontle general Michel, ä peine gueri de sa bles-snre, prit le commandcmenl.

Telle ctait, le 29 mars au matin, la Si-tuation mililaire de Paris.

Le depart de TImperatrice et du Roi deRome, resolu ct prcparc en secrct, ayanltranspire, on parla de s’y opposer; maisun senliment uuanimc se manifesta dansla garde nationale pour proteger au besoinJeur depart, et, en general, la libre actiondes fonctionnaires du gouvernement. Unseul des grands dignitaires, le prince deßenevenl, fut, dit-on, arrötc ä Tune desbarrieres, sans qu’aucunc requisition ,nulle plainte, aucun avis de cet incidentparvint aux autoriles compctenles.

Des Taube du jour, tout annoncait a Pa-ris Tapproche <iu danger ct les craintesqu’il inspirait. On evacuait les.archives etles eilels precioux du gouvernement; onbrulait dans les ministeres les papiers dontla publicite pouvait nuirc ä l’Etat ou auxParticuliers. La plupart des fonctionnai-res publics ct des ciloycns que leurs ser-vil.

vices ou de grands interets retenaient dansla capitale, envoient loin de ce theätreprochain d’hostilites, leurs femmes et leursenfants. Paris devient en memo temps lerefuge des familles qui abandonnent leslieux occupes par l’ennemi; et des convoisde voitures, de bestiaux, de meubles, dedenrees de toute espece, encombrent lesavenues, obstruent les barrieres. Une va-gue inquietude porte et retient hors desmaisons, sur les places, les quais et lesboulevarts, sur les routes et les hauteursvoisines, unc partie dela population de lacapitale.

On affiche sur tous les murs, on met äl’ordre du jour de la garde nationale et dela garnisoii, la proclamation si connue duroi Joseph, ct, presque au möme moment,on lit dans le Moniteur que TEmperour aballu,le26 ä Saint-Dizier, le generalWint-zingerode, lui a fait deux mille prisonnierset pris son artillerie. La foule en conclutque Napoleon peut arriver ä Paris en mömetemps que Tennemi, mais ne sera suivi quede loin par Tarmee lrancaise et möme Jacavalerie; en effet, cela n’etaitpas impos-siblc, s’ileüt pris cette determination ä1 issue du combat de Saint-Dizier; il fal-lait seulement qu’apres avoir cesse de cou-vrir la capitale pour agir sur les derrieresde Tennemi, il changeät de plan, et que ladefense de cette ville, qu’il avait conside-ree comme un objet secondaire, devint lesujet principal de ses combinaisons. Touteincertitudc, tout retard dans un moment sidecisif, devait lui faire manquer Tun etl’autre but.

Joseph, mieux instruit des projets de sonfrere que des desseins de Tennemi, croyaitcependant n’avoir a repousscr qu’un de sescorps d’armee, et ne desesperait pas denvenir a bout avec la reunion de troupesqui allait s’operer sous les murs de la ca-pitale.

Les trois chefs militaires employes äParis, rccoivent l’ordrederedoubler de sur-veillancc’ et d’aelivite. Le duc de (ione-gliano invite, par un ordre du jour, lesgardes nationaux prendre les armes aupremier appel, et assimile leur Service äcelui de la ligne dans les places assiegees;un tiers seulement se reposera, un autresera de piquet, le dernier tiers occuperales postes et doublera les plus importants.Les ncuf legions, qui defendent la rivedroite de la Seine, placeront, outre lesgrand’gardes, des reserves deslinees äsoutenir les postes des grandes barrieres.Les trois legions de la' rive gauche, ou,d’apres la direction de Tennemi, l’enceinten’est point exposee ä une altaque imme-diate, fourniront a TIlötel-de-Ville unelorte reserve destinee ä se porter au soutiendes barrieres menacecs ct sur les pointsde Tinlcrieur oü Tordre public scrait trou-

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