BATAILLE
pouvaient-ils suffire ä maintenir l’ordreau-dedans, garder l’enceinte et entrer enligne avec une force capable de secon-der l’armee ou d’imposcr ä l’enncmi. Uncorps compose de proprietaires fonoiersou industricls, la plupart elablis etperes defaraille, en grande partie etrangers au ma-niement des armes, que le quart mömc nedevait rcccvoir que le lendemain matin,n’etait reellcment propre qua remplir lebut de son Institution, c’est-ä-dire, ä ren-dre les troupcs de ligne disponibles en iessuppleant dans le service interieur. De-mander comme oblige un service d’armeeä la garde parisienne, c’etait renoncer äl’obtenir, car les opinions unanimes sur lemainticn de l’ordre, elaient divisees äl’egard de la defense. Un grand nombrede citoyens par des motifs diflercnls etsouvent oonlraires, desiraient avec ar-deur la cliule du gouvcrnement. Pen depersonnes croyaienl ä la possibilite d unelongue rcsistance, et les elforls comme lesvoeux de tous, ne lendaient qu’ä prescrverla capilale jiar une courte defense, du pil-lage, de lTncendie et des horrcurs d’unassaul.
Frappede ces considcralions, le duc deConegliano n’en lit pas moins ses dispo-sitions pour porter au soutien de I’armectous les volontaires qui se prescnteraienl;il resolut de se reudrc lui-meme, ä lapointe du jour, aux lieux de rassemble-ment des legions, alin de slimuler par sairesence et ses cxhorlalions le zele et’honneur des gardes nationaux; mais ilsentit en möine tcmps, aveo regret, reifetde la mauvaiso Organisation de i’Empe-reur: il ne pouvait se mcttre ä leur töteen face de l’ennemi. Les ducs de Raguseet de Trevise, les generaux Compans etOrnano commandaient la premierc ligne,de Montmartre ä Charonne; la defense del’cnceinle apparlenail de droit au generalHullin, comme gouverneur de Paris:ainsi, il ne restait de commandcment ä ccvieuv et rcspectable gucrrier, qu’auxpoints oü la garde parisienne se trouveraitseule dcvanl l’cnncmi.
Recapitulant tont ce qui preccde, onvoit que, par l’arriveo de 1 armec, sixcliefs,parmi lesquels figuraient trois marechaux,formaienl six commandements divers sousles ordres du roi Joseph, de qui seid ilspouvaient recevoir l’unite d’action et lesdireclions qu’cxigcraient les cvencmcnlsdelajournee. ,
Ainsi le salul ou la cliule de 1 Empireallaienl ölre balances dans les mains il’unliommc en qui l’inexpörience n'elail pasmeine raclietee par la vigueur du carac-Icre. Chose etrange! l’Empercur le savait,et ce peril elait moins le resultat des live-liemcnts que de ses propres combinaisons.
Tandis que ces dispositions se faisaient
DE PARIS. 1123
ä Paris pour la, defense des posilions quile couvraient, l'empereur de Russic et leroi de Prusse ä peine etaldis ä Bondi, reu-nissaient en conseil de guerre le genera-lissime prince de Schwarzenberg, le mare-chal Blücher, le general en chef Barclayde Tolly et le ministre comte de Nesselrode.
L’atlaque fut decidee pour le lendemainä la pointe du jour. On ne prit le tempsni de rectifler la ligne de l’armee, ni dereconnaitre les positions de l’ennemi.Quoique les derniers rapports annonpas-sent que Napoleon s’etait mis en marchele 26 de Saint-Dizicr sur la Marne, lescorps detaches sur l’Yom.e et le Loingpouvaient avoir recu l’ordre du roi Josephde venir en poste au secours de Paris; unjour de jilus suffisait pour que Napoleony arrivät avec les generaux propres ä se-condcr ses desseins: il fallait donc le met-tre en defaut par une bataille decisive quilivi ät de suite aux Allies le siege mörae deson gouvcrnement, et ajoulat ä l’inferioritede ses forces, l’embarras d’une rövolutionpolilique, dont l’occupation de Paris don-nerait, d’apres toute probabilite, le Signal.
L’attaque ainsi resolue, on determinaquelle aurait pour objet l’occupation deshauteurs de Montmartre et de Belleville.
La dircction des attaques sur Montmar-tre fut contiee au marechal Blücher, et sonarmee, debouchant par le Bourget, dut d’a-bord occuper ou masquer Saint-Denis:du reste, on le laissa mailre de faire sesdispositions en arrivant sur le terrain,selon qu’il le jugerail convenable.
Le general en chef Barclay de Tolly dd-bouchant sur la route d’AUemagne, avecle sixieme corps et les reserves, fut Charged’altaquer les hauteurs de Belleville. Lesgardes et reserves russes et prussienneseurent ordre de garder Pantin, d’agir surla route d’Allemagne, et de soutenir cellesdes attaques principalcs qui auraient be-soin d’appui. Lo general Rajewski, avecson corps et la cavaleric du comte de Pall-ien, eut l’instruction de mcnaccr le vil-lage de Pre-Saint-Gervais, (l’allaquer leplatcau de Belleville, d’occupcr Monlreuilet Bagnolet, et de porter un corps de ca-valerie au pied des hauteurs de Vincen-nes, pour observcr ce poste, et se mcttreen rapport avec le prince royal de Wär-tern herg.
Le corps de cc Prince, soutenu de celuidu comte de Giulay, recut l’ordre d’arriver>ar la route de Lagny sur les hauteurs delosuy et de Neuilly-sur-Marne, de s’em-parer des ponts de Sainl-Maur et de Cha-ronion , de ncttoyer le bois de Yincenneset d’en investirle chäteau, prolegeant dansla plaine, ä gauche, les attaques des hau-leurs de Belleville. La dcslination princi-pale de ces deux derniers corps, commecelle des corps de Sacken et de Wrede lais-