BATAILLE
A l’extröme gauche de la Grande-Armeealliee, les corps du prince royal de \Yur-temberg et du comte de Giulay, obliges dedefiler le lotig de la Marne, no pouvaientarriver en ligne que vers le milieu du jour,et leur destination etait moins d’ailleurs decontribuer aux succes de la journee, qued’assurer la gauche de l’armee ennemie, ens’emparant des ponts de Saint-Maur et deCharenton.
Le reste de la Grande-Armee, sous lesordres immediats du comte Barclay deTolly, s’elendent depuis Livry jusqu’ällomainvilleet Pantin; etle stxieme corps,commande par le general Rayefsky, can-lonne dans les villages de la plaine entreRomainville et Bondi, etaient seulsen me-sure d’entrer en action, et nul contrelempsn’en rctarda l’ordre pour oux.
Teiles furent, du cöte de l’ennemi commcdu nötro, los parliculariles qui (irent en-gager la bataillo d’abord au cenlrc, et pardes mouvements qui ne s’etendirent quesuccessivement aux ailes des deux ar-mees.
Yers six beures, le soleil, s’elevant äpeine au-dessus de l’horizon, annoncaitun jour pur et serein, lorsque le canonapprit lout-ä-eoup ä Paris et ä l’armee lecommencement d’unc action qui allait de-cider du sort de la France.
Tandis que le general en chcf Barclayde Tolly faisait avancer au soutien desattaques une parlie des gardes et reserves,une division du corps de Rayefski, sousles ordres du prince Eugene de Würlcm-berg, et les cuirassiers commandes par legeneral Kretow, debouchaicnt de Pantin.
La division de jeune garde, aux ordresdu general Boyer de Rebeval (1), venaitde sc former; mais trop faible pour atten-dre le choc de l’ennemi, eile se retira surla droite de la division Michel (2), qui seformait a cenl metres de son bivouac, ägauche de la graml’roulc d’AUemagne, oüeile etait vcnue prendrc position la vcilledans l’apres-midi.
Dans ce mouvemcnt, la division Boyeret bientöt apres la division Michel canon-nent avec vigueur, et contiennent les co-lonncs russes.
Tandis que renncmi faisait ce premiereffort dans la plaine, les tiraillcurs du ge-neral Rayefski s’emparercnt de la butte
(1) Cello division dont le genßral Boyer de Rebe-val sonlTant encore de sa btossure, prit le coiii-mahdement vers six heures du matin, se composaltde trois bataillons du 11= regiment de volligeurs,sousle g6n6ral Guyc, auxquels on cn joignil un detiraillcurs et un de llanqueurs-grenadiers , et Cor-inait envirou deux millc hommes.
(2) Celte division so composait d’environ quatremille hommes de tous les depöts d’infanterio de lagardo, dont un millicr arrive la veille des ddpar-tements de l’Ouest, tut armd le matin memc.
DE PARIS. " H25
au-dessus de Romainville, ce qui lui donnala facilite de diriger sur le plateau la divi-sion Mczenzow flanquee ä sa gauche parla cavalerie du comte de Palilen.
Pendant ce mouvement, le general Com-jians couronnait les hauteurs du Pre-Saint-Gervais, et jetait dans le bois de Romain-ville la division du general Ledru des Es-sarts- Le general Yincent, rappele par leduc de Raguse, se porlait de La Cbapelle äBellevillc avec sa cavalerie.
Ce Marechal faisait aussi gravir le pla-teau ä ses Yroupes du cöte de Bagnolet.Elles s’elevaient dejä sur la berge du fonddu vallon, lorsqu’elles apereurent renncmiä la naissance des gorges "qui descondentsur Pantin et Romainville. A l’instautmöme, la brigade Fournicr, formant la lötede colonne et celle du general Joubert sedeploient de pied ferme, la premiere t\droite, la deuxieme ä gauche de laroute deßelleville, et cette derniero se mel de suiteen contact avec les troupes du generalLedru.
Le duc de Padoue se forme alors sur leplateau de Malassisc, couvrc Bagnolet, etdans ce postc avance, assure la droite dela position, protege lui-möme par les trou-pes qui occupaienl cncore Monlreuil. Lacavalerie s’etend sur deux ligncs, de cedernier village ä Charonne; la premiereest formee par la division Cliastcl (1),l’autre par le corps du general Bortle-soulle.
La division Ricard se place en reservedans l’interieur et sur la gauche du parcde ßrieres, sous la protection de Fartille-rie du corps d’armee qui fut ctablio aussi-töt sur la butte des deux Tourelles, au mi-licu de Fanden parc de Saint-Fargeau.
Par reffet de ce mouvement, la droite duMarechal, aux ordres du duc de Padoue,monacail le ilanc gauche de l’ennemi: tan-dis qiie la gauche, sous le general Com-pans, se refusait un peu et laissail le ccn-tre au poiut le plus pres des colonnes en-nemies.
Toutcfois les Russes ayant prevenu leduc de Raguse ä Romainville, qu’il entraitdans son plan d’occuper, la prudenceFobligc ä charger le colonel du genie Parisdo reconnaitrc la position en arrierc celledu telegraphe; et au mömo moment il sedelcrmine avecle genöral Compans ä pren-dre Foflensive, ä debusquer les Russes dubois, et ä se rapprocher s’il se peut deRomainville. Le combat s’engagc avevi-vacite dans les bois et sur le plateau.
Pour seconder lc mouvement ofl'ensif des
(I) La division Chaslel n’etait formte que de lacavalerie commandee precedemment par lc gonA-ral Vincent. Ce gdndral, a peine remis do ses bles-suros, en l>ril le commandcmeiit a sep! beures dumatin.