IV PRÉFACE.
Ce progrès si fécond a été particulièrement remar-quable en matière d’enseignement. On a compris enfin,sous le coup de cruels revers, qu’il était temps derendre à la géographie dans les écoles françaises saplace légitime. « La supériorité de leurs cartes sur les» nôtres, écrivait M. l’inspecteur général Rapet, en» 1802, dans un rapport sur l’Exposition de Londres ,» démontre qu’il s’agit chez les nations étrangères» d’un enseignement très populaire, tandis que dans» nos écoles, il semble jouer le rôle d’un parvenu qui» n'est que toléré. » Toléré était un euphémisme ; engénéral, il eût fallu dire proscrit. A quoi bon, pensait-on, fatiguer sa mémoire à retenir des noms bizarres,ou d’insipides statistiques ? Et la géographie, ainsi dé-finie, était traitée avec le mépris qu’assurément elleméritait.
Les temps et les programmes sont changés ; lagéographie, autrement comprise, a tout d’un coupreconquis la faveur publique. Les belles cartes qui sedéroulent sur les murs de nos écoles sont là pour in-struire et non plus pour orner. Les atlas, les manuels,les livres de géographie à l’usage des classes ne secomptent plus. Presque tous, des plus élémentaires auxplus érudits, témoignent la préoccupation qu’inspireaux auteurs la nécessité d’enseigner avec méthode etclarté une science désormais obligatoire.
On ne saurait demander à ces ouvrages tous les déve-loppements nécessaires. La plupart sont des mémentoset des abrégés : ils courent au plus pressé, fournissentdes indications sommaires, résument les faits ettombent parfois dans la sécheresse à force de concision.Quant aux aspects divers du sol, à la beauté des sites,aux mœurs des individus, aux institutions et coutumesdes peuples, au commerce et à l’industrie des Etats,