28 lectures et analyses de géographie.fonds ou p alan grès sont amorcées et disposées dans les cha-loupes. Ajoutées les unes aux autres, elles mesurent jusqu’àG kilomètres d’étendue, et ne portent pas moins de cinqcents hameçons. On les tend sur le fond au moyen d’ancresou de pierres en marquant la place par des bouées. Leschaloupes sont montées par sept ou huit hommes. Ce sontde lourdes embarcations, ayant environ 7 mètres dequille, creuses et larges, solides à la mer, mais difficilementmaniables en raison de leur poids. Par un gros temps, ildevient souvent impossible de les embarquer ; dans ce cas,il faut se résigner à les perdre.... Les grands bancquiers enont jusqu’à quatre pour parer aux avaries. Un bâtiment de300 tonneaux arme généralement deux chaloupes etmet dehors dix mille hameçons ; les palangres sont tenduesà sa voile, formant un cercle autour de lui. Ce travailest long et parfois difficile, et fréquemment les pêcheurs nesont de retour à leur bord que bien avant dans la nuit. Aujour se fait le travail inverse, et les lignes sont relevées encommençant par le bout du large. Cette double opérations’appelle une « marée. »
» Des coups de vent fréquents, la brume épaisse quicouvre les bancs pendant des semaines 'entières, des cou-rants violents, les abordages, si redoutables dans cesparages sillonnés par les paquebots d’Amérique et d’Eu-rope , tels sont les risques à courir chaque jour et presqu’àchaque instant.
» .... Chose triste à dire ! il faut attribuer la perte de plusd’une embarcation à l’état d’ivresse de ceux qui la dirigent,Vivant dans une humidité constante, dormant peu, tra-vaillant presque sans relâche, forcés de conserver pendantdes journées entières de lourds vêtements trempés de pluie,ayant à lutter contre un danger souvent terrible, capable deparalyser le courage de l’homme le plus brave, s’il estde sang-froid, nos pêcheurs demandent à la mauvaiseeau-de-vie qu’on leur délivre ou qu’ils se procurent l’insen-sibilité physique dont ils ont besoin pour ne pas faiblir dansl’accomplissement de leur rude besogne.... L’autorité ducapitaine est nulle en pareille matière ; il sait par expérience