TERRE-NEUVE,
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mars les havres de la côte sont encore pris dans les glaces,et les pêcheurs ne peuvent gagner la pleine mer sur leursnavires que par des canaux péniblement ouverts à la scie età la hache. 11 importe en effet de se hâter ; c’est enfévrier que les immenses champs de glace qui descendentdes mers du nord, entre le Labrador et le Groenland , sedirigent vers les côtes nord-est de Terre-Neuve, et c’est à lalin de ce même mois que les femelles mettent bas sur cesbancs. Il faut donc entrer en chasse avant que les petits nesoient assez grands pour échapper aux poursuites. Lachasse au milieu des banquises est barbare et cruelle.Il s’agit de trouver les phoques réunis en troupeaux. Chaquehomme est armé d’une sorte de massue ferrée de deux
Le phoque.
mètres de long et d’un couteau. Quand les mères le voients’approcher, elles plongent d’abord dans quelque fente duglacier ; puis, comme éperdues aux cris de douleur de leursnourrissons, elles remontent sur la glace pour les défendre,et viennent le plus souvent s’offrir d’elles-mèmes au mas-sacre. Un seul coup sur le nez suffit à tuer le pauvrephoque ou du moins à l’étourdir, et il est alors écorchéet dépecé sur place, presque toujours encore palpitant, afin