40 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
la guerre de Crimée en ISM, l’escadre anglo-française bombarda Petro-pavïosk (Kamtchatka ), en rasa les fortifications, mais respecta Sitks,principal comptoir russe de la côte américaine , dont le port était vide etsans défense. Dix ans plus tard, une compagnie américaine se forma aucapital de 10 millions de dollars, pour établir un télégraphe transconti-nental par le détroit de Behring. Le colonel Bulklev fut chargé d'explorerle terrain et de tracer les plans. Le parcours était de 6 000 kilomètres,les difficultés énormes. La commission était à l’œuvre depuis deux ansquand on apprit la pose du câble transocéanique entre l’Irlande et Terre-Neuve; l’umon des deux continents était un fait accompli. La compa-gnie américaine avait dépensé déjà trois millions de dollars en études etachats préliminaires; découragée, elle abandonna ses travaux. L’Amé-rique russe dans le même temps allait changer de maître.
Le 28 mai 1858, les Russes avaient arraché à la Chine le cours infé-rieur de l’Amour et de ses affluents méridionaux , pays fertile, au climattempéré, dont la possession était d’un grand prix. Dès lors l’Amériquerusse, contrée glacée, déserte et éloignée, ne leur offrit plus aucun avan-tage, et par une convention du 30 mars 1867, moyennant urpe indemnité de35 millions de francs, ils la cédèrent aux Etats-Unis . 45.000 lieues car-rées, sous le nom de territoire d’Alaska , s’ajoutaient au vaste territoirede la République .
« Les négociations relatives à cette affaire, écrit M. Whytnper, avaient» vivement préoccupé l’opinion publique aux Etats-Unis . Les Améri-» cains n'étaient pas préparés à cet agrandissement nouveau ; beaucoup» n’en voyaient pas l’avantage. L’acquisition souleva des critiques amères,» une opposition acharnée. On accusait M. Seward, le promoteur du pro-» jet, d’entraîner le gouvernement de Washington à une spéculation» désastreuse; on donnait, par moquerie, le nom de Walms-Sia (terri-a toire des phoques) à la possession convoitée par l’infortuné secrétaire» d’Etat. Des annonces railleuses paraissaient chaque matin dans les jour-» naux de New-York , offrant d’immenses avantages aux hommes qui» seraient tentés d’exploiter une colonie déserte, des îles inconnues, des» banquises, des volcans, des pays enfin exposés à toutes les rigueurs» de la nature et fréquemment soulevés par des tremblements de terre.» Mais, ajoutait-on, ces inconvénients légers ne doivent effrayer per-» sonne, puisqu’ils n’ébranlent pas la sereine confiance du ministre» d’Etat. Aujourd'hui que ces préventions sont en partie détruites, l’es-» prit d’entreprise développe activement les ressources du nouveau» pays. Le traité conclu entre les Etats-Unis et le cabinet de Saint-» Pétersbourg adopte, à l’est et au sud, les frontières qui avaient été» fixées parla Grande-Bretagne et la Russie , lors de la convention de» 1825; le territoire concédé comprend, à l’ouest, toutes les îles Àléoutes;» au nord, il n'a d'autres limites que les neiges et les glaces. »
Le climat.
« Pendant les mois de novembre et de décembre (1864),j’essayai de prendre quelques vues du fort Xoulato et desenvirons, mais on comprendra que par une température de34° au-dessous de zéro ce n’était pas chose facile. Je dusquitter bien des fois mon travail avant de terminer la