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moindre ébauche ; je n’avais pas donné cinq coups de pin-ceau, qu’il me fallait me livrer à un violent exercice pourrappeler la chaleur, ou courir me chauffer au poêle; malgréces précautions, mes pauvres mains se dépouillèrent plu-sieurs fois; un jour, je laissai geler mon oreille gauche, quidevint aussi grosse que ma tête; j’étais sans cesse tour-menté de la crainte que mon appareil olfactif ne fût mordupar le froid. On comprend que, dans une telle situation, jene pouvais entreprendre aucune aquarelle ; j’en fis pourtantl’essai ; j’emportai avec moi un pot plein d’eau qui chauffait
TERRITOIRE
D-ALASKA
Territoire d’Alaska.
sur un petit réchaud, mais l’expérience ne réussit pas assezbien pour me donner le désir de recommencer. Même dansl’intérieur du logis, le thermomètre placé auprès de lafenêtre marquait toujours plusieurs degrés au-dessous dezéro. Une fois, oubliant le lieu où j’étais, je délayai descouleurs avec de l’eau qui se trouvait près du poêle, etmouillant une petite brosse, je voulus commencer de.mémoire un croquis sur mou album. Avant que mon