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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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"0 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,

plus entreprenants, plus rudes à la fatigue. Lorsque lescolonies anglaises ne comptaient encore que soixante milleâmes, elles noccupaient point plus despace défriché et éta-bli que le Canada en 1750, quand il atteignit un semblablechiffre, et à cette époque les Canadiens avaient jeté enoutre dans louest, non seulement des coureurs de bois,mais de véritables colonies agricoles à Détroit, à Vincennes ,aux Illinois , etc. En dépit des guerres, delà traite des four-rures, de la négligence et des vices de ladministration, lapopulation française soutint constamment la proportion deson développement naturel à légal de celui des Anglais , àraison de 2,50 à 3 °/ 0 en moyenne. Mais tandis que le Ca­ nada ne reçut que dix mille émigrants, il en arriva plus decent mille aux colonies anglaises, et il était impossible delutter contre ce fait, qui domina la situation.

» Léducation des Canadiens fut, il est vrai, générale-ment négligée et fort inférieure à celle des Anglais , maisleur haute moralité et les heureuses qualités de leur carac-tère compensèrent en partie ce défaut, quil faut imputerdu reste à linsouciance de leur administration autant quàeux-môme s.

» En cinquante ans, de 1710 à 1760, la colonie avaitpris une si forte assiette et un tel accroissement, que si elleeût été isolée de tout établissement européen rival, elle étaitparfaitement en état de vivre et de se développer par elle-même, la France leût-elle abandonnée. Ce nest donc nipar défaut de vitalité, ni par incapacité ou insuffisancequelconque de la part des colons que ce pays a été perdu.Il na cédé quà la force infiniment supérieure des Anglais ;ce nest pas la colonie qui a succombé, cest la dominationde la France ; et la preuve, cest que la colonie française lui a survécu.

» Nous avions donc créé une colonie viable et vigou-reuse, et si notre domination a péri, la cause en est exclu-sivement dans la faiblesse relative cette contrée futlaissée, faute démigration et de protection, vis-à-vis desforces décuples des Anglais . Lun et lautre fait ne sont im-putables ni aux colons, ni au caractère français , pas même