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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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92 LECTURES ET ANALYSES DH GÉOGRAPHIE,

vingt mille mfitelots le transpoptent ainsi tous les ans dolautre côté de lAtlantique. Les billots sont en généraldestinés aux moulins des Chaudières , ou à ceux qui fonc-tionnent le long de lOutaouais et de ses tributaires, ilssont sciés en planches et madriers.

» On ne saurait avoir une meilleure idée de limportancede lindustrie forestière dans cette région, quen se trans-portant aux chutes des Chaudières 1 , lun des plus beaux<t pouvoirs deau » du monde. Voyez ces immenses con-structions qui bordent la grande cataracte ! Des milliers debras y sont occupés, de puissantes machines y sont misesen mouvement, et leur cri strident va se perdre au milieudu mugissement de la chute. Le travail ne se ralentit pasun instant durant toute la saison de la navigation. Ondirait une immense ruche dabeilles d les frelons sontimpitoyablement bannis. Lactivité nest pas moindre lanuit que le jour, linfatigable scie mord sans relâchedénormes troncs, les déchiquette et leur donne toutes lestransformations voulues. A la tombée de la nuit, cesbruyants édifices silluminent de mille lumières que lonpourrait confondre avec autant détoiles tremblantes. Surles deux rives, en bas de la cataracte, savancent de longsquais couverts de planches et de madriers empilés à unegrande hauteur, de nombreuses barges , traînées par desremorqueurs, viennent prendre leur chargement. Ces ba-

1. A une faible distance d'Ottawa , non loin du confluent de la rivièreGatineau , et de la rivière Rideau, qui se précipite dans l'Oataouais par deuxnappes de cent pieds de haut, i'Outaouais, arrêté par un barrage de rochers,sengouffre dun seul bond de 63 pieds dans lintérieur d'un vaste fer à cheval tourbillonnent ses eaux écumantes. Daprès M. Tassé, le débit de ses eauxest de 3500 mètres cubes par seconde aux hautes eaux ; cest presque le volumedu Rhin devant Strasbourg à lépoque des crues. Ce devait être jadis, écrit> M. de Lamothe (ch. vi), un admirable spectacle pour le voyageur venant dub Saint-Laurent que lapparition soudaine, à moins dun mille de distance, deb cette merveilleuse cataracte, vierge alors dcssouillures de lindustrie humaine.b Mais aujourdhui un long chapelet dusines vulgaires sest égrené sur sesb bords ; et les montagnes de bois scié, qui sempilent à ses pieds sur les deuxb rives, ia dérobent entièrement à nos yeux. Ce nest que du haut de la collineb du Parlement, ou sur le pont en bois'qui réunit Ottawa à Hall, son faubourgb bas-canadien, que le regard peut désormais embrasser sans obstacle tous les» détails de ce tableau grandiose. Sans doute, dans un avenir plus ou moinsb éloigné, les édiles de la capitale songeront à rendre à la merveille de leurb ville toute sa beauté primitive, et debarrasseront ses abords de toutes lest nuisances accumulées par la spéculation. »