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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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206 LliCTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

sur son ventre et l’on danse en rond en hurlant. Les

tribus se font souvent la guerre sous le moindre prétexte,pour un troupeau de bisons qu’elles poursuivent, pour une

prairie où elles veulent camper seules.Il n’est pas rare

que la même tribu se débande en deux clans ennemis. Il y aquelques années, les Ogalalas, pris de wisky (eau-de-vieaméricaine), se sont battus entre eux à coups de fusil, etdepuis lors se sont séparés en deux bandes, celle desVilaines-Faces, commandée par la Nuée-Rouge , et l’autre

par Grosse-Bouche et Tueur-de-Paunies .

» L’Indien scalpe l’ennemi qu’il tue, en lui enlevant lapartie supérieure de la chevelure, celle qui forme la tonsuredes moines catholiques. Quelques tribus prennent même toutle scalp, toute la chevelure. Pour scalper, l’Indien, arméde son couteau, fait une incision en rond autour du crâne,et prenant la chevelure par le sommet, l’arrache vivement;elle vient avec la peau, sur toute la surface découpée. « Çavient tout seul , » me disait un jour le vieux trappeur Pal-lardie qui avait pris fait et cause pour les Indiens dans lesguerres intestines, et avait lui-même scalpé 1 . Le but desIndiens en scalpant leur ennemi, est de garder le témoi-

Le Messager Franco-américain de New-York raconte ainsi l’épisode d’unmassacre des employés du chemin de fer du Pacifique, au pied des Rocheuses.(N® du 2 août 1867.)

« Les corps des blancs que les Indiens ont massacrés à Plum-Creek ouiété rapportés à Omaha ... Ce qui excitait ie plus vivement la curiosité, c’étaitun Anglais, nommé William Thompson , dont on avait annoncé la mort, et quirevenait vivant... mais dans quel état! le malheureux était scalpé. C’était unechose hideuse à voir que cette tête dépourvue de cheveux et de peau.M. Thompson est peut-être le premier homme qui, scalpé par les Indiens, soitsorti vivant de leurs mains. Voici en quels termes il fait le récit del’aventure :

» Mardi, sur les neuf heures du soir, nous étions partis de la station dePlum-Creek pour aller à quelque distance remettre en état le fil télégraphiquequi s’était brisé. Comme nous arrivions, des Indiens surgirent de l’herbe oùils se tenaient cachés et nous entourèrent. Nous leur tirâmes deux ou troiscoups de feu, après quoi, voyant que nous allions être saisis, nous primes lafuite. Un Indien, monté sur un poney, s’élança au galop sur mes traces, etquand il ne fut plus qu’à une dizaine de pas, il me tira un coup de fusil quim’atteignit au bras droit. Saisissant ensuite son arme par le canon, il m’assénasur la tète un terrible coup de crosse qui me renversa. Il mit alors pied àterre, prit son couteau à la main, me le plongea dans le cou, puis saisissantfortement ma chevelure entre les doigts, il commença à me scalper.

» J'endurais d’horribles souffrances et d’inexprimables angoisses, maisj’avais toutefois conservé assez de présence d’esprit pour comprendre qu'il mefallait feindre d’être mort : mon salut était à ce prix. Et cependant l’Indien