ÉTATS-UNIS Dlî L’AMÉRIQUE DU NORD. 207
gnage vivant de leur victoire, de leur bravoure... En outre,il paraît que l’Indien scalpé n’a pas le droit d’entrer dansles prairies heureuses, les Champs-Élysées des Peaux-Rouges. Le gardien du lieu en ferme brutalement la porteà tous ceux qui n’ont pas tous leurs cheveux.
» Les Indiens (Paunies et ceux des prairies) ont la peaubistrée, rougeâtre, de là leur dénomination de Peaux-Rougeset de race cuivrée , donnée par les ethnologistes, par opposi lionaux noms de race blanche, jaune, noire. Les autres carac-tères physiques de la race rouge sont d’avoir les cheveuxnoirs, droits, raides, le nez aquilin, les pommettes souventun peu saillantes, les yeux quelquefois bridés, comme la, race jaune, la lèvre fine, les extrémités des membres trèsdéliées. Les Indiens s’épilent avec soin les sourcils et labarbe, et même tous les poils du corps, mais ils ne coupentpas leurs cheveux, qu’ils séparent avec une raie au milieude la tête et qu’ils disposent en tresses.
» L’Indien tire du buffalo ou bison sa nourriture, son vê te-ment. Aussi suit-il l’animal dans ses migrations du nord ausud, et remonte-t-il avec lui du sud au nord. Le dicton desplaines est le suivant : Là ou est le bison, là est VIndien. —Le nombre des bisons est aujourd’hui moins considérableque jadis. A mesure que l’animal disparaît devant la marchesans cesse envahissante de la colonisation, le Peau-Rougedisparaît aussi. Un des grands regrets de l’Indien est devoir les blancs chasser cet animal par simple amusement :« Est-ce que les visages pâles seraient devenus fous, disaitrécemment un grand sachem 1 aux commissaires de l’Union,qu’ils chassent le bison pour le seul plaisir de le tuer, et dele voir pourrir sur place, tandis que-nous mourons de faim. »
continuait toujours à me scalper. C’était une torture inouïe, intolérable; il mesemblait qu’on m’arrachait la tète. Enfin, je reçus près de la tempe gauche ledernier coup de couteau qui acheva do me scalper, et je vis l’Indien remonterà cheval et s’éloigner au galop empoitant ma chevelure et ne se doutant guèreque je vivais encore. »
Aujourd'hui M. Thompson est encore à Omaha , où les voyageurs peuvent levoir. U n’est pas du reste le seul blanc que les Indiens aient scalpé vivant, etl’on cite plusieurs pionniers et soldats qui se sont trouvés dans le mémo cas.On en est quille pour porler perruque.
1. On donne le nom de sachem aux vieillards qui composent le conseil de lanation ou de la tribu parmi les peuplades indiennes de l’Amérique du Nord ,