ÉTATS-UNIS DE LAMËIUQUE DU NORD. 209
» dans votre pays tuer votre bétail, que diriez-vous? n’au-» rais-je pas tort, et ne me feriez-vous pas la guerre?
» Pères, vous m’avez parlé de bêcher la terre et d’élever» du bétail. Je ne veux pas qu’on me tienne de tels dis-» cours. J’ai été élevé avec le bison et je l’aime, etc. 1 . »a Le thème traité est toujours invariable dans ces haran-gues : l’envahissement par les blancs, par les colons, parles pionniers, des champs de chasse des Peaux-Rouges, lerefus que font ceux-ci de vendre leurs terres an gouver-nement et de se confiner dans les cantonnements qu’il leurimpose, de cultiver le sol, d’apprendre un métier, d’envoyerleurs enfants à l’école ou au prêche ; les plaintes incessantesqu’ils font entendre à propos de la violation des contratssignés avec eux, des forts construits pour les tenir en respect,des incursions des soldats sur leurs terres, etc. Les Indiensadressent aussi aux blancs des lamentations sans fin sur cesdéfrichements, ces routes, ces chemins de fer, ces télégra-phes, qu’ils jettent au milieu des prairies. »
L. Simonin 2 ,L'homme américain.
(Bulletin de la Société de géographie , février 1870). —Voir aussi du môme,le Grand-Ouest des Etats-Unis (Paris , 1869, in-18, Charpentier ), etles derniers Peaux-Bouges (Bévue des Deux-Mondes , i cr mars 1S74).
On a affirmé bien souvent que l’Indien est condamné à dis-paraître; les maladies de tous genres, le whisky, et les bar-
1. M. Simonin a visité les Indiens dans leurs prairies en 1S67 ; il a transmisau ministère de 1 instruction publique les précieux documents recueillis danssa mission. En juin 1870, étant à New-York , il a pu revoir les grands chefsdes tribus Sioux . « Ils venaient de Washington , où ils avaient rendu visite à« leur grand-père, » le président des Etats-Unis , et lui avaient exposé dans de« beaux discours leurs griefs contre « leurs frères blancs. » Le général Grant» avait prêté l’oreille à leurs doléances, avait fumé le calumet de paix avec# eux, leur avait fait cadeau de pipes en écume de mer, de boites d'allumettes■> en argent, de paquets de tabac; il leur avait même donné une soirée à la» Maison-Blanche , et l’on y avait servi des sorbets aux sauvages, qui eussentt préféré du rhum ou du whisky. »
2. M. Louis Simonin , ingénieur et voyageur français , né en J 830 à Marseille ,fut chargé par le gouvernement français d’une mission à la Réunion en 1S61,et d’une autre h Madagascar en 1863. 11 a fait dans les années suivantes,officiellement ou privément, de nombreux voyages en Amérique . 11 a publié envolumes, que nous citerons en leur lieu, et dans de nombreux articles de laRevue des Deux-Mondes , du Tour du Monde, de la Revue nationale , du Mo-niteur, etc., les inîéressanies relations de ses voyages. M. Simonin est actuel-lement professeur de géographie à l’Ecole des hautes études commerciales deParis .