21 G LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,rendu contre les coupables. D’ailleurs, comment constaterle fait? Aucun blanc ne dépose contre un homme de sa cou-leur en faveur d’un Chinois, et les compatriotes de ce der-nier ne sont pas admis comme témoins. Que des hommesrudes, naturellement portés aux excès, stimulés par lajalousie du métier et jouissant d’une entière impunité, secroient tout permis vis-à-vis de leurs faibles, quoiqueredoutables rivaux, rien de plus simple. Mais commentqualifier la conduite des membres de la législature, desjuges, des jurés, d’hommes instruits, bien élevés, qui, par-faitement édifiés sur l’importance des services que rendentl'es Chinois et dont ils sont les premiers à profiter, ne rou-gissent pas de se mettre au service des mauvaises passionsdelà multitude? Plus d’une fois Fang-Tang (un des no-tables Chinois de San-Francisco ) m’a parlé de la triste po-sition des siens, mais toujours en s’exprimant avec unesobriété et une réserve dignes d’un diplomate de la vieilleécole : « Ils ne nous considèrent pas, disait-il, comme des» hommes. Ce n’est pas bien. Us voudraient nous extermi-» ner, comme si nous étions de la vermine. Mais, se hâtait-il» d’ajouter, il y a aussi des Américains qui sont bons, qui» parlent bien. Seulement, ils n’osent pas agir comme ils» parlent. » Baron de Hübner ,
Promenade autour du monde.
La plupart des Américains éprouvent pour les Chinois uneaversion marquée ; les patrons et les riches usent de leursservices à bon compte tout en les méprisant ; les ouvriers leshaïssent comme des rivaux dangereux. M. Dixon a heureu-sement traduit ces ressentiments dans les deux scènes quisuivent :
L<e Chinois juiié par son maître américain.
« Quand on considère un Mongol aux allures craintives,au regard placide, on se sent ému de pitié, en dépit desmalédictions qu’on entend accumuler sur lui et sur toutesa race. Voyez-le servir à table : son teint clair, sa taille