ÉTATS-CNIS DE L’AMÉRIQUE DU NORD . 231
tense et très agitée, il a fait entendre des mots d’ordre;mutuellisme, grèves, haine aux riches, guerre aux riches. »
A. de Fontpertuis,
Revue politique et littéraire. (Novembre 1874.)
« Les eaux du lac Salé sont bleues comme celles del’Océan. Ce lac est une véritable mer méditerranée , sansaucune communication avec l’Océan. Il n’a pas moins decent lieues de pourtour, et devait dans les siècles précé-dents occuper une superficie plus étendue, car l’aspect géo-logique du sol sur notre route nous porte à croire que sesramifications s’étendaient au loin dans les vallées del’Utah . L’existence du lac Salé était soupçonnée dès 1689,ainsi qu’on peut le voir par les mémoires du baron LaHontan... Lorsque M. de Humboldt visita le Mexique , lelac Salé était encore une sorte de mythe, et le célèbrevoyageur n’en assigna la position que par une inductiontrès savante, mais qui laissait un libre champ aux hypo-thèses... Au nord-est, ses eaux s’étendent si loin, que l’œil,ne distinguant plus les montagnes qui le bornent, croitqu’elles se prolongent à l'infini comme une vaste mer. Laprofondeur n’en est pas considérable ; elle ne dépasse pasdix mètres, et, en moyenne, n’est que de sept à huit pieds.Au milieu du lac, plusieurs îles d’une certaine étendue s’é-lèvent jusqu’à 1000 mètres et plus au-dessus du niveaudes eaux 2 . On ne voit pas actuellement la moindre barque
1. La région du grand lac Salé a été explorée par le lieutenant américainFrémont, dans son audacieuse expédition de 1843. Il venait de franchir les mon-tagnes Rocheuses, au sud du pic qui porte son nom; il découvrit la rivière del'Ours, principal tributaire du lac, la descendit en canot de caoutchouc jusquevers l’embouchure, et ne craignit pas de s’aventurer sur les flots agités du lac,malgré les sinistres prédictions des trappeurs. Frémont visita les îles du lac, etdevina le premier que le bassin de cette Méditerranée lacustre avec ses forêts,ses salines, ses pâturages, son sol fertile, pourrait devenir un centre de popula-tion, comme une oasis au milieu d’un désert. (Voir sur les étonnantes expéditionsde Frémont, de 1842 à 1845, l’ouvrage de M. Laugel : Etudes scientifiques ,Paris, in-18, 1839, Hachette .)
2. Ces îles sont au nombre de neuf ; la plus grande est Antelope-Island, quia 16 milles de longueur sur 5 de large, et 1000 mètres d’altitude au-dessus du