ÉTATS-UNIS DE L’AMÉRIQUE DU NORD . 240
d’environ 200 pieds. Deux escouades, composées d’hommesblancs du côté des Unionistes et de Chinois du côté desCaliforniens, s’avancèrent en correcte tenue d’ouvriers pourcombler cette lacune. On avait choisi des deux parts l’élitedes travailleurs. Les Chinois surtout, graves, silencieux,alertes, furent l’objet de l’admiration générale. Us travail-laient comme des prestidigitateurs.
» A 1 i heures, les deux troupes se trouvèrent face à face.Deux locomotives s’avancèrent de chaque côté l’une audevant de l’autre pour exhaler dans un jet de vapeur unsalut qui déchira les oreilles. En même temps le comitéexpédiait à Chicago et à San-Francisco une dépêche télégra-phique ainsi conçue : « Tenez-vous prêts à recevoir lessignaux correspondants aux derniers coups de marteau. »Par un procédé très simple, les fils télégraphiques de laligne principale communiquant avec les états de l’est et del’ouest avaient été mis en communication électrique avecl’endroit même où le dernier boulon allait être placé. Grâceà ces précautions, les coups de marteau frappés à Promo-tory-Point pour fixer le dernier rail du Grand-Pacifiquetrouvèrent un écho immédiat dans tous les états de la répu-blique.
» La traverse sur laquelle devait reposer le dernier railétait en bois de laurier, le boulon qui devait unir la traverseau rail en or massif, le marteau dont on devait se servir enargent. Le docteur Harkness, député de la Californie , pré-senta ces objets à MM. Stanford et Durant. « Cet or extrait» des mines et ce bois précieux coupé dans les forêts de la» Californie , dit-il, les citoyens de l’état vous l’offrent pour» qu’ils deviennent parties intégrantes de la voie qui va unir» la Californie aux états frères de l’est, le Pacifique à l’At-» lantique. »
» Le général Safford, député du territoire d’Arizona , offritun autre boulon fait d’or, d’argent, de fer. « Riche en fer,
» or et argent, dit-il, le territoire d’Arizona apporte cette» offrande à l’entreprise qui est comme le grand trait d’union» des états américains, et qui ouvre une nouvelle voie au» commerce. »