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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE CENTRALE . 329

et traduisent en tableaux réels ces réminiscences de paradisterrestre, ces rêves de printemps éternel dont nous avonstant de peine, en notre froide Europe , à nous faire uneimage. Le règne animal reflète ces merveilles dans l'oiseau-mouche, le colibri, éblouissants d’or et de pourpre, desaphir et d’émeraude. Que de curiosités éveillées, que desurprises et d’émotions pour le navigateur et le voyageurarrivant de la zone tempérée ! Ce n’est pas qu’aux rayonsde ces magnificences il n’y ait quelques ombres. La saisondes pluies, bien qu’elle survienne au plus fort des chaleurs,se montre presque aussi désagréable que notre hiver : tropsouvent de violents ras de marée bouleversent les rades ;les grains de mer tournent-'en terribles ouragans, et lestremblements de terre démolissent en un jour l’œuvre dessiècles. Toutefois l’homme, par un heureux don de la Provi-dence, oublie vite les maux passés, et ici comme ailleurs lesrichesses d’une terre féconde lui font supporter les inconvé-nients accidentels du climat.

» A juger de la Martinique par le bruit qui s’est fait au-tour de son nom, l’on ne soupçonnerait pas que cette île n’aguère que l’étendue d’un simple arrondissement de France ,16 lieues de long sur 7 de large et 45 de circonférence,100000 hectares environ de superficie. Son rôle historiquelui vient d’ailleurs de sa situation, la plus avancée au ventde toutes les îles, sauf la Barbade , ce qui en fait l’une despremières escales pour les navigateurs arrivant de la pleinemer. Les profondes échancrures de son pourtour, qui formentune multitude de rades, d’anses et de havres, se prolongentau milieu des terres comme des estuaires, et communiquentavec les rivières de l’intérieur ; son principal port, Fort-de-France, est l’un des plus vastes et des plus sûrs de l’Amé-rique ; enfin elle jouit d’une admirable fertilité due au tripleconcours d’un sol riche, d’une humidité surabondante etd’un soleil ardent.

» Le sol, formé d’éjections volcaniques, a toute la fécon-dité de ces sortes de terres, avantage qui se complique, ilest vrai, d’un grave péril, tant que les feux souterrainsbrûlent encore, comme les fumées de la Montagne-Pelée ne