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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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330 LECTURES ET ANALYSES DE GEOGRAPHIE,le prouvent que trop. Le simple aspect de la contrée en ra-conte l’histoire géologique. Du nord au sud de l’îlesedressent cinq ou six monts principaux, distribués en groupesrapprochés, mais indépendants, au lieu de ces chaînes pro-longées qui accusent ailleurs des formations moins violentes.Les uns culminent en pitons aigus dont l’altitude dépasse1300 mètres ; d’autres s’étalent en crêtes étroites, parfoistranchantes, inclinées en talus roides et d’un accès difficile.A mi-hauteur de ces sommets détachés, et comme leur fai-sant cortège, une multitude de mornes, restes de volcanssecondaires, s’abaissent en coteaux moins abrupts, les unsombragés de forêts ou cultivés, les autres stériles et nus.Après les volcans qui ont créé ces pics, ces cônes, ces pyra-mides, sont venus les tremblements qui les ont disloqués,ont déchiré la croûte du sol, haché les flancs des montagnesen crevasses et en précipices : obstacles dont souffrent à iafois les communications et les cultures.

» Au-dessus d’un sol chaud et poreux, atteignant parétages successifs de grandes élévations, l’atmosphère a puamasser ses vivifiantes fraîcheurs, grâce aux immensesnappes marines qui entourent l’archipel. Grossies de cellesqui se dégagent des bouches vaseuses de l’Orénoque , cesvapeurs, poussées parles vents d’est sur les flancs et la cimedes montagnes, s’v condensent en nuages et en brumes, s’yfondent bientôt en pluies dont la succession dure depuisjuillet jusqu’en octobre. La quantité annuelle de pluie dé-passe une moyenne de deux mètres. Après s’être dépenséeen partie au profit d’une magnifique végétation forestière,cette eau bondit en cascades et forme des cours égalementprécieux pour les campagnes et les villes, comme irriga-tion et force motrice. A vol d’oiseau, le système hydrogra-phique de l’île, au lieu de ce réseau ramifié que dessinentles fleuves qui coulent à travers les assises stratifiées duglobe terrestre, ne présente qu’une profusion de veinesliquides, isolées et indépendantes; elles courent précipi-tamment du haut des monts à la mer, quand la main del’homme ne les a pas détournées vers quelque habitation,et entraînent sur le littoral une couche épaisse d’alluvions,