prenait à sa charge les frais d’une étude complète et sérieusedes isthmes. Deux expéditions richement dotées furent organi-sées. Celle du Tehuantepec avorta; celle du Nicaragua fut dirigéepar Grossmann et Hartfeld. Crossmann périt au début, dévorépar unrequin; Hartfeld déclara tout projet impraticable(l 871 -7 2).Enfin, en 1872, une autre commission, sous les ordres ducommandant Selfridge, fut chargée d’examiner les tracés dusud, de Panama au Darien et au Ghoco. M. Selfridge arrêta dé-finitivement un tracé entre le confluent du Napipi et de l’Atrato et le Pacifique; mais ce tracé comportait douze écluses dedix pieds de chute chacune. Il n’en réussit pas moins à fairecondamner le projet de M. de Puydt, en déterminant la hau-teur du col de la Tanela, découvert par notre compatriote.
11 faut mentionner encore les explorations et les tracés plusrécents des américains MM. Lull et Menocal (1870), et ceux denos compatriotes, MM. Blanchet, Pouchet, et Sautereau dans larégion du Nicaragua . Ces canaux ne pouvaient être construitssans écluses.
Enfin, en novembre 1876, une expédition composée devingt membres français et étrangers, à la tête desquels setrouvait M. l’ingénieur Celler, partit sous le commandementde M. le lieutenant de vaisseau Lucien N.-B. Wyse, auquels’était adjoint M. le lieutenant Armand Reclus 1 . Ils reconnurentles erreurs des renseignements fournis sur le Darien et portèrent
» d’elles-mêmes à tout observateur éclairéet impartial. Le système de politique» générale des Etats de la Sainte-Alliance diffère essentiellement sous ce rap-» port de celui de l’Amérique . Cette différence procède de celle qui existe dans» les institutions respectives. Notre nation, est tout entière dévouée au main-» tien des institutions qui ont été acquises au prix de tant d’argent et de sang,
» mûries par la sagesse de nos concitoyens les plus éclairés, et à l’ombre des-» quelles nous avons joui d’une prospérité sans exemple. En conséquence, c’est» un hommage que nous devons à la vérité et à notre désir de continuer nos re-d lations amicales avec les puissances alliées, de déclarer que nous considére-# rions comme dangereuse pour notre repos et pour notre sûreté toute tenta-». tive qu’elles feraient pour étendre leur système à une portion quelconque deo cet hémisphère. Nous nous sommes abstenus d’intervenir dans ies coloniesm ou dépendances réelles des différents Etats européens, et nous ferons de mémo•k à l’avenir ; mais pour ce qui est des Etats qui ont proclamé et fait prévaloira leur existence indépendante, et dont après pleine considération, et conformé-n ment à de justes principes, nous avons reconnu l’indépendance, nous ne« pourrions regarder que comme une manifestation de sentiments hostiles aux» Etats-Unis toute intervention qui aurait pour objet de les opprimer ou d’en» contrôler, de quelque manière que ce fût, les destinées. »
\. Parmi les membres de l’expédition se trouvaient Olivier Bixio, fils du se-crétaire du gouvernement provisoire de 1848, et Guido Musso, jeune ingénieuritalien, appartenant à une des plus grandes familles de la péninsule. Le pre-mier mourut d’une pneumonie sur les bords de laluyra, le second d’une dys-enlerie au retour, à quatre journées de Santander .