Buch 
L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
348
JPEG-Download
 

348 LECTURES ET ANALYSES LE GÉOGRAPHIE,l’isthme* *. Quelques-uns de ceux qui le visitèrent ont (peut-être pour se rehausser à leurs propres yeux) exagéré lesfièvres et les empoisonnements paludéens de l’Amériquecentrale. La construction du chemin de fer de Panama àColon coûta la vie à quelques Chinois mal nourris, malvêtus, surchargés de travail, traités comme des bêtes desomme. On répète complaisamment qu’un coolie est enterrésous chacune des traverses de la voie (près de 80000).La Compagnie du chemin de fer négligea longtemps de rec-tifier des erreurs aussi invraisemblables : n’avait-elle pasintérêt à effrayer d’autres compagnies qui peut-être lui au-raient fait une concurrence acharnée? Vérification faite,les 20000 Chinois morts se réduisent à 400. Les Irlandais,grands buveurs de gin, furent beaucoup plus éprouvés. Lesémigrants de Californie, forcés de traverser l’isthme de Pa-nama , et obligés d’y séjourner plusieurs jours dans desconditions défavorables, ne redoutèrent jamais ce passage .Il est étrange que l’on ait fait à Panama , une des villes i n-

1. M. de Lesseps et les promoteurs (lu canal de Panama sc sont particulière-ment appliqués à réfuter l’objection tirée du climat de l’isthme. Dans un ban-quet offert « au grand Français n par Jes fondateurs de la Société de Panama,le 24 avril 1880, M. de Lesseps disait : a Le jour où je me suis décidé à partir» pour Panama , c’est que j’étais persuadé qu’on avait beaucoup exagéré Jesdan-» gers du climat. Vous pensez bien que si j’avais cru exposer ma femme et mes» enfants à un danger certain, je ne les aurais pas emmenés. Ceci montre donc» ma confiance, et cette confiance a été parfaitement justifiée. Nous sommes» restés cinquante jours à Panama ; nos ingénieurs ici présents se sont organi-» sés en brigades échelonnées sur les divers points de l’isthme, que l’on peut par-is courir en trois heures... Eh bien ! pas un de nous n’a été réellement malade,

* quoique, je l’avouerai, je n'aie jamais bu autant de champagne que dans mon

* séjour à Panama et aux Etats-Unis . Il se peut que ce ne soit pas du eham-» pagne bien authentique, car la Champagne n’en produirait pas assez pourlacon-

* sommation de tous ces pays- là. Quoi qu’il en soit, tout le inonde s’est parfaite-» ment porté, il n’y a pas eu de malades ; nous sommes revenus tous eu bon état,» et j’espère que l’on trouvera que nous sommes la preuve vivante de la salu-» brité du climat de Panama et la preuve que le canal pourra se faire sans héea-» tombe humairfce. Ce qui avait fait croire à la mauvaise influence de ce climat.

* c’est que de tout temps, par cet endroit, passaient les caravanes ; lorsqu’il y a» eu la fièvre d’or en Californie , il est arrivé beaucoup d’aventuriers, des gens

* qui avaient des mœurs dissolues et de mauvaises habitudes, qui vivaient mal,» qui traversaient ces forêts dans des endroits marécageux, et beaucoup sont» morts. Lorsqu’on a construit le chemin de fer, il est mort un certain nombre» d’ouvriers, mais beaucoup moins qu’on ne raeru, et il est absurde de dire qu’il a» péri autant de Chinois qu’il y a de traverses dans le chemin de fer, ce qui ferait» à peu près quatre-vingt mille. Or les registres constatent qu’on n’a engagé queb deux mille Chinois. Il en est mort cinq cents seulement, dont la moitié se sont» suicidés. De plus, on avait engagé des Irlandais, qui ne sont pas très tempé-» ranls, à ce qu’il paraît, et dont quelques-uns ont succombé. 1! y a loin de ces» chiffres à ceux qu’on a répandus... »

1