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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE CENTRALE . 349

tertropicales, à mon avis, les plus saines, une aussi détes-table réputation.

» Certains points de la côte, il est vrai, abondent en ma-ladies : Greylown, par exemple, construit au sein même desmarais, entouré d’une large ceinture de mares stagnantes,est embourbé, pour ainsi dire, dans de grands espacesvaseux, inondés tour à tour et exposés à un soleil ardent, oùse décompose une végétation abondante qui charge l’air desporules et de bactéridies vénéneuses. D’autres régions éga-lement sont fiévreuses : les bouches de l’Atrato et les fangesduTrinidad, affluent duChagres. L’on doit admettre que lamortalité augmente avec la longueur des terrains bas et desmarécages traversés ; et cette mortalité est un énorme ar-gument conte le Nicaragua 1 .

» A Panama, les eaux descendent de sommets élevés; lalargeur de l’isthme ne dépasse pas soixante kilomètres, etla ligne de partage se trouve à dix lieues de l’Atlantique.L’écoulement des eaux y est donc fort rapide, les versantssont parfaitement drainés, de sorte que les marais ne peu-vent trouver place que dans les parties les plus basses de lavallée et sur le rivage de l’Océan; c’est-à-dire au.confluentdu rio Trinidad et sur les bords du Mindi ; leur longueurtotale n’excède pas 11 kilomètres.

» Au Nicaragua , la plastique de la vallée est très diffé-rente : l’altitude du lac est si faible que les eaux de son dé-versoir le San-Juan, et celles des tributaires de ce fleuve, doi-vent.parcourir une route de 200 kilomètres pour descendrede 33 mètres; encore cette pente est-elle inégalementrépartie, et à de courts rapides très inclinés succèdent delongs espaces plans, où les rivages sont de plain-pied et

\. On Ht dans une correspondance de Panama (avril 1882) : «La mortalité a étéfaible jusqu’à présent parmi les travailleurs. La vie est assez facile, grâce auchemin de fer de Colon à Panama , qui permet à nos Européens d’avoir dupain, delà viande, des poulets, des œufs, du lait en abondance. » « Quantal’hygiène, disait un ouvrier, je pense que l’on peut vivre, à condition d’oublierentièrement les mauvaises habitudes d’ailleurs, car se laisser aller à prendreici des boissons alcooliques, c’est se suicider! » La Compagnie du canal apublié le relevé mensuel des décès survenus dans son personnel ; il faut recon-naître que ces chiffres sont faits pour bannir toute appréhension. Voici ce relevépour les premiers mois de 1882 : janvier, 1185 personnes, 4 décès ; février, 1893personnes, 6 décès ; mars, 2500, et 9 décès ; avril, '2652, et 5 décès.

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