350 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,souvent submergés. La moindre crue du fleuve fait épancherles eaux sur de larges surfaces : ainsi s’est formée une bandede marécages qui se prolonge pendant 120 kilomètres.En outre, à peine le San-Juan a-t-il quitté la région descollines qu’il se déchiqueté, pour ainsi dire, en une multitudede ruisselets qui se mêlent, s’embrouillent, s’enchevêtrent etvont, au hasard d’un terrain mal défini, se confondre avecles autres rivières paresseuses et dormeuses de la côte ; cesramifications sans nombre forment un immense marécagede plusieurs centaines de kilomètres carrés, et Greytown,dans ce vaste bourbier, semble mériter son surnom sinistre :Tombeau des Européens.
» Le Darien, moins connu, passa longtemps pour un desendroits les plus malsains du globe. Les rôles sanitaires del’expédition américaine ont détruit en partie ces préventions;plus de deux cents hommes, non acclimatés, travaillèrent,exposés aux intempéries, privés souvent de nourriture ; un
seul mourut.noyé. Les précautions médicales indiquées
par l’expérience suffisent à faire disparaître presque entière-ment les dangers du climat ; ces précautions sont élémen-taires : ne point garder de linge ni de vêtements mouillés,se baigner fréquemment, supprimer les boissons alcooliques,
manger peu et éviter tout excès. »
Louis Verbudgghe,
Colon*
« Colon est construit sur la pointe nord-ouest de la petiteîle de Manzanillo, formée par un banc de coraux sur lequelsont venus s’entasser des vases et des alluvions. Cette ville,si l’on peut l’appeler ainsi, compte 4000 habitants,répartis entre deux quartiers bien distincts. L’un s’élève surun récif madréporique, sol ferme et sec dominant la merde plus d’un mètre, il est occupé par les.blancs, agents etemployés du chemin de fer, négociants, etc. Ces étrangershabitent de grandes maisons à un étage, avec larges balcons