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AMÉRIQUE U U SUD. 381
un grand collège provincial. La demeure du plus richecommerçant de la ville, jadis véritable palais, n’offre plus,du côté de ,1a mer, qu’un ensemble de ruines; des murschancelants entourent le jardin rempli de débris amoncelés;des fûts de colonnes, des chapiteaux jonchent le sol ; desarbres épineux croissent au milieu des pierres.
» Les grands navires d’Europe et des Etats-Unis mouil-lent à 1 kilomètre plus au nord, au fond même de l’anseet au pied du promontoire qui la protège contre les ventsdu nord et les vents d’est. La plage qui s’étend entre leport et la ville est bordée d’un côté par la mer, de l’autrepar des salines, quelquefois inondées. Le soir, elle sert depromenade à toute la population, et les piétons, les cava-liers, les voitures la parcourent en tout sens. La douane,un entrepôt ruiné, une jetée, quelques tentes de feuillagedressées au-dessus des ballots de marchandises, sont lesseules constructions élevées sur le port, qui, loin d’appa-raître comme un centre d’activité, semble plutôt un lieu deplaisir. A tout instant du jour, des nageurs blancs et noirsplongent du haut de la jetée, s’ébattent comme des tritonsautour des navires et changent l’eau bleue en une vasteétendue d’écume; les sambos oisifs, restés sur la rive, et lesmatelots appuyés contre le bordage de navires, jugent desexploits des nageurs, et, par de longs applaudissements,rendent hommage au plus habile 1 . »
Voyage à la Sierra-Nevada de Sainte-Marthe.
(Paris, 1881, in-18, Hachette. — Publié dans la Revue desDeux-Mondes des 1 er décembre 1859, l 01, février, 15 mars,i or mai 1860.)
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1. Ges zambos ou sambos font preuve d’une agilité et d’une audace qui pa-raîtraient incroyables, si elles n’étaient attestées par de sérieux témoignages.M. Elisée Reclus parle dans un autre chapitre des baigneurs de la rade deRio-Hacha qui prenaient leurs ébats, en riant, jusque sous le ventre et à lagueule des requins ; M. le docteur Saffray ( Voyage à la Nouvelle-Grenade), aété témoin des mêmes bravades dans la rade de Sainte Marthe. Nous citeronsà ce sujet le passage suivant, emprunté à l’ouvrage de M. le chevalier Le Moynesur la Nouvelle-Grenade. La scène se passe à Sainte-Marthe :
« C’est au milieu des ruines de l’ancien fort, situé au bord de la mer que» se tenait de grand matin le principal marché de fruits, de légumes, de pois-» sons et de viandes de boucherie. Une grande quantité de requins rôdaient tou-u jours le long de la plage, attirés qu’ils étaient par les odeurs fétides qu’exha-