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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD.

Mais tous ces reptiles causent moins de malheurs encoreque le poisson caribe, qui vit dans les eaux stagnantes.Si un baigneur imprudent, attiré par l’aspect agréable d’unlac tranquille, vient y chercher la fraîcheur, il peut voirbientôt arriver près de lui un petit poisson au museauallongé et dont les dents sont formées, à chaque mâchoire,d’une seule pièce aussi coupante qu’un rasoir ; s’il se sententamé par ce tranchant d’acier et s’il est trop loin du bordpour fuir immédiatement sur le sol, il est perdu : des mil-liers de caribes, attirés par la plaie et le sang qui s’enéchappe, s’acharnent après la victime qu’épuisent l’hémor-rhagie et la douleur de ces innombrables blessures. Dureste, ce poisson, est bon à manger, et l’on en fait unepêche abandante, ainsi que d’une fotde d’autres espècesqui fourmillent dans les eaux de la Guyane .

» L’un des plus communs et des plus forts quadrupèdesest le tapir, ce petit éléphant américain dont le nez se ter-mine en une trompe peu développée. Les sangliers, qu’onnomme baquiros , sont très nombreux aussi; moins grosque les nôtres, ils offrent une chair excellente, et l’on extraitun musc abondant d’une tumeur qu’ils ont sur les reins.

» Les singes, tous munis d’une longue queue, sont innom-brables ; ici, c’est le farouche alouate qui remplit les boisde son cri ou plutôt de son hurlement extraordinaire ; là,c’est le gracieux titi, différent du ouistiti, qui est plus petitet qui ne se trouve pas dans cette région; plus loin, onaperçoit l’araguato, la veuve, le capucin, le sapajou, etc. ;la plupart constituent pour les habitants un gibier re-cherché. Des myriades d’oiseaux au délicieux plumageaniment aussi les forêts : les plus brillants de tous sontles colibris et les oiseaux-mouches qui font étinceler leurstopazes et leurs rubis sur les corolles éclatantes des aris-toloches, des orchidées, des liserons et des mille autresélégantes fleurs. On voit de toutes parts les charmantstroupiales, les cardinaux, les plus magnifiques perroquets,les moqueurs, au plumage noir et simple, mais au ramageadmirable, plus varié et plus riche que celui de notre ros-signol lui-même.