clieuse la santé de ceux qui y sont accoutumés ; mais lesestomacs qui n’y sont pas habitués le supportent difficile-ment. Les Indiens qui, manquant de sobriété, ont la passionde la terre, maigrissent sensiblement, et leur couleurrougeâtre se change en un teint pâle. Le goût pour la glaisedevient chez plusieurs tellement prononcé, qu’on les voitdétacher des habitations faites en argile ferrugineuse desmorceaux qu’ils portent avidement à leur bouche; ils sontconnaisseurs et gourmets en terre ; toutes les espèces n’ontpas le même agrément pour leur palais ; ils la goûtent et ladistinguent en qualités très diverses. Quelques blancs,dans le Venezuela , ont imité les sauvages, et ne dédaignentpas les galettes de terre grasse 1 2 .
» La cause première de la géophagie, c’est le manqued’autres aliments, il est certain que les peuplades du hautOrénoque n’ont pas une grande abondance de produitsnutritifs. Us cultiven t quelques ignames, des patates douces,des bananes; ils mangent des singes, des lézards, le ver duchou-palmiste, et surtout dos fourmis. Des voyageursassurent qu’un pâté de fourmis accommodées avec des huilesvégétales ou de la graisse, compose un excellent mets. »
E. COBTAMBERT*,
d’après les Voyages du docteur Louis Plassard , vice-consulde France à Ciudad-Bolivar (Venezuela ).
(Bulletin de la Société de géographie , 1861, tome I or .)
1. M. Jules Crev,aux a rencontré chez les Roucouycnnes, dans les vallées duYari et du Parou, des Indiens géophages. « En attendant la cuisson du pois-» son. je vois plusieurs Indiens manger de la terre. Tous les Roucouycnnes sonts géopliages. On trouve dans chaque maison, sur le boucan où l’on fume la» viande, des boules d'argile qui se dessèchent à la fumée et qu'on mange en» poudre. Dans la journée, à une heure toujours éloignée du repas, ils prennent» une do ces boules, enlèvent la couche qui est noircie par la fumée, et ràclent«Tinlérieur avec uu couteau. Ils obtiennent une poudre impalpable dont ils» avalent cinq ou six grammes en deux prises.» (Tour du Blonde, i or semestre4881.)
2. M. Cortambert (Pierre-François-Eugène), né à Toulouse en 1805, mort àParis en 1881, a professé de longues années Ja géographie^ et composé & l’usagede la jeunesse un grand nombre d’ouvrages très estimés et très répandus.Membre très actif de la société de géographie de Paris , et conservateur descartes à la Bibliothèque nationale, il a pris une part considérable au mouvementgéographique de notre époque. Son fils, M. Richard Cortambert , non moinsdévoué aux progrès de cette science, continue avec distinction et succès 1 œuvrepaternelle, notamment dans la Revue de géographie , dont il est Le chroniqueurtrès exact et très compétent.