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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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K08 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,la cité est reconnaissable à des excavations circulaires quis’étendent jusqu’au pied de la forteresse. Ces excavationssont des sépultures. Quelques-unes gardent encore, intactesou brisées, les jarres en terre cuite dans lesquelles les Ma-naos déposaient leurs morts. Ces vases, d’une pâte gros-sière et d’une couleur rouge-brun obscur, sont à rez dusol. Leur hauteur varie de 0 m ,70 à 1 mètre ; le diamètre deleur orifice est de 0 m ,40 environ. D’informes dessins,losanges, zigzags, chevrons, billettes, sont tracés en noirsur leurs flancs. Certaines ont un couvercle; mais la plu-part sont béantes et vides. Des corps qu’elles ont contenus,il ne reste, pour l’enseignement des curieux, qu’un mélangede cendre humaine et de poussière apportée par le vent.

» La ville moderne où nous abordons est appelée par lesBrésiliens : A Barra do Rio Negro . Elle est située à l’estde la forteresse. Une distance de mille pas géométriquessépare ses dernières maisons de l’emplacement qu’occupaitManao. Son assiette est très inégalé. Sur quelques points,les renflements du sol dépassent en hauteur le faite des toi-tures, ce qui serait pittoresque si ce n’était absurde. Une rueartérielle, longue, large, onduleuse, accidentée çà et là parl’empiétement d’un mur de clôture ou la saillie d’un mira-dor, partage la ville du sud au nord. A cette rue se ratta-chent quelques ruelles qui aboutissent dans l’est à despelouses nues, dans l’ouest à de grands espaces arides.Trois ruisseaux pourvus de passerelles serpentent à traverscet ensemble et servent de docks ou bassins à la flottillecommerciale du lieu. Goélettes, sloops, égariteas, viennents’y radouber, attendre un chargement quelconque ou s’a-briter contre les trevoadas , tempêtes brésiliennes qui sedéchaînent sur la bas Amazone et dont l’influence se faitsentir à plusieurs lieues dans l’intérieur du Rio Negro .

» Ces navires locaux, assez mal construits, mais enlu-minés de vert gai, de bleu céleste et de jonquille, portent,au lieu de noms profanes usités chez nous, des noms desaints et de saintes tirés du calendrier portugais . Pareilusage qui n’est, dit-on, qu’une ruse ingénieuse employée parles armateurs des petits navires, impose en quelque sorte à