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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD . 513

de repos, pendant laquelle ils prennent leur nourriture. Lefatigant labeur auquel ils se livrent ne s’arrête qu’à la nuit,et dans beaucoup d’endroits, on les oblige encore au serâo,travail à la lumière dans de vastes granges. Quant à leurnourriture, elle se compose d’une pâte faite avec de lafarine de maïs ; on y joint aussi une portion de haricotsnoirs ; la carne secca (viande séchée, exportée du Sud et dela Plata), leur est donnée dans certaines propriétés, deuxou trois fois par semaine, mais dans d’autres fort rarement.Il en est de môme des distributions d’eau-de-vie et detabac, qui varient dans toutes les fazendas. Je crois qu’onpeut évaluer en moyenne l’entretien journalier d’un esclave,sous une bonne et généreuse administration, à 200 reis parjour, soit 50 centimes. •

» Les dortoirs sont tantôt une succession de véritablesniches, tantôt des salles communes meublées d’un grandlit de camp en planches ; et chaque esclave étend sur cerude coucher une natte assez épaisse faite de joncs. Lecostume des travailleurs consiste en une chemise et unpantalon de toile pour les hommes, un jupon pour lesfemmes ; tous ont, en outre, un gros caban de laine des-tiné à les préserver, à l’occasion, du froid et de la pluie.

» Dans la plupart des grandes exploitations, on observele dimanche, ou plutôt le repos hebdomadaire; car dans lebut d’empêcher les esclaves des fazendas voisines de se ren-contrer, les propriétaires choisissent chacun un jour diffé-rent, qui tient lieu de dimanche à leurs noirs. Ce jour-là,ils se reposent ; accablés par les fatigues de la semaine,bien peu d’entre eux pensent à travailler pour eux-mêmes ;cependant le maître leur abandonne généralement, toutprès de l’habitation principale, un coin de terre où ils sebâtissent une cahute. Quelques-uns cultivent autour de cesmasures du maïs, des haricots, du riz, et même du café ;mais leur industrie la plus sérieuse m’a toujours paru con-sister dans l’élevage des poules, qui partagent avec euxleurs cases, et . qu’ils mangent ou vendent suivant lesbesoins du moment.

» Une sorte de hiérarchie administrative distribue et