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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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322 LECTURES et analyses de géographie.est abandonné aux esclaves; ils y contruisent de modestesréduits, où ils vont jouir des heures de liberté qui leur sontaccordées de temps à autre. A cinq cents mètres delà, onaperçoit le village où notre hôte vient de faire un essai decolonisation.

» L’œil du maître peut donc surveiller tout, et c’est là lecaractère distinctif de ces établissements ; rien n’y est sa-crifié à l’agrément, au luxe, ni môme à la fraîcheur ; tout yest aménagé en vue de l’utile. L’aspect général manque degaieté, et cependant, avec un peu de goût et une faillie dé-pense, on pourrait rendre ces habitations élégantes et con-fortables. Mais si le bien-être du planteur est négligé, dumoins des soins minutieux sont-ils apportés aux opérationsdélicates et multiples par lesquelles il fait passer sa récoltedans la période qui sépare la cueillette de la vente. Nous nenous doutons guère, en effet, en dégustant en Europe unetasse de café, de toutes les manipulations auxquelles ontété soumises les graines avant d’arriver jusqu’à nous !

» Le fruit du caféier est renfermé dans une espèce depoche dure et rouge ressemblant à une cerise ; il consiste endeux grains juxtaposés. Une fois cueilli, on le jette dans unbassin pour imbiber d’eau son enveloppe; puis on l’étalesur des séchoirs, où il est fréquemment retourné pour rece-voir sur toutes ses faces les rayons du soleil. Lorsqu’il estbien séché et que l’enveloppe est crevassée et racornie sousl’action de la chaleur, il passe sous les pilons qui produisentla décortication. Puis un tamis vivement agité par un mou-vement de va-et-vient sépare la pulpe du grain; celui-cireste encore recouvert d’une mince pellicule que l’on enlèveà son tour au moyen d’un second tamis exposé à une forteventilation ; l’enveloppe légère, chassée au dehors, sert debase dans la suite à un excellent engrais. Enfin les grainessont jetées dans un gros tube destiné aies séparer mécani-quement en trois grosseurs différentes. On économise ainsiun immense travail de main-d’œuvre, ce qui n’empêche pascependant les esclaves, spécialement chargés de ce soin,cl epurer de nouveau chaque tas. En réalité, gros et petitsgrains sont de môme qualité, puisqu’ils proviennent du

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