même arbre ; mais il paraît que leur valeur commercialediffère, car les petits grains ressemblent à ceux du cafémoka, et sont « vendus sous cette dénomination » sur lesmarchés de l’Europe . On boit donc, dans le monde entier,une quantité énorme de café d’Amérique que l’on trouvemille fois meilleur parce qu’on le croit africain 1 2 .11 est re-grettable que ce produit si important du Brésil n’ait pasencore obtenu toute la faveur qu’il mérite : malheureuse-ment, au lieu de chercher à convaincre les consommateurspar l’évidence, la plupart des planteurs ou exportateursbrésiliens se servent encore de singuliers subterfuges ; ainsi,une grande partie de leur café est vendu aux Etats-Unis ;mais pour l’écouler plus facilement, ils font subir auxgraines une opération appelée « brunissage », qui consisteà les rouler sur elles-mêmes pendant un certain temps, de
façon à leur donner une teinte lustrée.En quoi la qualité
y gagne-t-elle? En rien absolument, et pourtant cette petiteopération fait, dit-on, vendre ce produit beaucoup plus cher.
» Quoi qu’il en soit, le café ainsi préparé est mis en sac etpesé par arrobes de seize kilogrammes, dont la valeur mar-chande est en moyenne de dix mille reïs (23 fr. 30) 3 .
1. Les renseignements fournis par d’autres voyageurs sont absolument con-formes aux observations de M. le comte d’Ursci sur le démarquement interna-tional des cafés brésiliens. « Grâce à leur persévérance et aux conditions favo-d râbles résultant de la constitution du sol, écrit M. Agassiz, les Brésiliens ont» obtenu une sorte de monopole du café. Plus de la moitié de ce qu’on en com» somme dans le monde est de provenance brésilienne. Et cependant le café» du Brésil a peu de réputation ; il est même coté à un prix inferieur. Pourquoi?
• Simplement parce qu’une grande partie des meilleures sortes produites dans» les fazendas brésiliennes est vendue sous le nom de Java, de Moka, de Mar-
* tinique ou de Bourbon. Presque tout le café vendu sous ces dénominations,» quelquefois même sous celle de Java, provient du Brésil , et le soi-disant« Moka n’est le plus souvent rien autre chose que les petits grains ronds des» caféiers brésiliens, cueillis à l’extrémité des branches et soigneusement« triés.» — M. W.-G. Palgrave [Une année dans l'Arabie centrale , trad. J.Belin de Launay) écrit : « La meilleure est celle qui se récolte dans l’Yémen s et qu’on connaît dans le commerce sous le nom de moka \ mais je me hâte» d’ajouter qu'il n’en parvient pas une seule graine sur nos marchés. » —Au-cune denrée, parait-il, ne se prête plus facilement à la falsification. Les prépa-rateurs les plus habiles font sortir de la même balle du café vert, jaune, rouge,obiong, à cassure lisse, rugueux, de toute nuance et de toute dimension. Leconsommateur, accoutumé à telle forme ou à telle nuance, est toujours dupe dela métamorphose ; mais malheur au fournisseur, s’il avoue que son café est deprovenance brésilienne !
2. Le café, qui se vend 5 f-nnes le kilo à Paris, n’atteint pas à Itio le prix
de t fr. 80 (et môme en tenant compte du cours actuel du change, 1 fr. 39),prêt à être embarqué. Les Etats-Unis absorbent plus de la moitié de la produc-