536 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,ception, jusqu’à l’Apa, s’étend, à perte de vue, une contréecomposée d’une série d’herbages, au centre desquels, dansla partie la plus basse, un petit fleuve coule vers l’occident:sur ses rives se dressent des bandes de forêts ; au milieudes prairies se trouvent des collines dont les versants sontégalement boisés ; mais les arbres restent petits, et l’inter-valle qu’ils laissent inoccupé entre eux est couvert de brous-sailles et de plantes grimpantes.
» Le fleuve le plus important qu’il fallait franchir estl’Aquidaban qui, à l’époque des pluies, est sujet à descrues subites et considérables. Près des ruines de Bella-vista, ancienne station militaire, et peu au-dessous du con-fluent de ses deux bras principaux, l’expédition atteignitl’Apa. Le bras qui descend du nord porte le nom d’Apa etles Paraguayens le considèrent comme fleuve principal pro-prement dit, tandis que le bras du sud, venant d’Estrella,roule la masse d’eau la plus considérable, s’il faut en croireles Brésiliens ; et sa longueur, égale à celle du précédent,permet de le considérer comme le véritable cours supérieurde l’Apa. En dépit des protestations des Paraguayens, lesbornes frontières furent élevées à l’embouchure et auxsources de l’Estrella, de sorte que le Brésil se trouve ainsiposséder en plus une étendue de plusieurs centaines demilles carrés anglais .
» D’ailleurs, construire ces bornes frontières n’était nulle-ment une tâche facile. Le nom de Cordillera, employé pourindiquer la ligne de démarcation des eaux entre les affluentsdu Parana et du Paraguay est tout à fait mal choisi lors-qu’il s’agit de fixer la frontière nord de la république, carces hauteurs dépassent à peine de deux mille pieds leniveau de la mer ; elles ont une pente douce, et ne sontque la continuation du Tafelland des Brésiliens. Mais, pourétablir la ligne de démarcation des eaux, la commissions’était trouvée dans la nécessité de frayer à ses bêtes desomme, et la hache à la main, un chemin de quarantemilles à travers la forêt, ce qui lui avait occasionné untravail de six mois, et la perte de beaucoup d’animaux.Les tempêtes semblaient aussi s’être conjurées contre