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AMÉRIQUE DU SUD. o43
encore thé des Jésuites % se présente dans le commercesous la forme d’une poudre grossière, d’un vert clair, ayantune odeur herbacée, désagréable lorsqu’elle est fraîchementrécoltée, et légèrement aromatique après plusieurs mois depréparation. Le maté est d’un usage général en Amérique .On boit l’infusion de cette feuille aromatique au Paraguay ,dans la république Argentine, au Chili, au Pérou , etdans les provinces brésiliennes de Rio-Grande du Sud , deParana et de Saint-Paul. Sur tous ces points cette boissonest plus habituelle que le chocolat dans la Péninsule , lethé en Angleterre, et le café dans l’Europe orientale ou enAfrique 1 2 .
» Pour préparer le breuvage américain, on met dans unvase destiné à ce seul usage du sucre et un charbon ardent.On grille un peu le sucre, puis l’on ajoute une quantitévariable de poudre. On verse de l’eau très chaude, maisnon bouillante, et l’on introduit dans le vase l’extrémitéarrondie en forme d’arrosoir d’un tube destiné à l’aspirationdu liquide. Les habitants de la campagne, les journaliers ettous les hommes eu général, prennent le maté cimarrou,c’est-à-dire sans sucre ; mais les femmes, les étrangers yajoutent du café, du rhum, un pmi d’écorce d’orange ou decitron, etc.; d’autres enfin remplacent l’eau par du lait. Onboit le maté à toute heure de la journée ; c’est la première
1. Au Paraguay , on l'appelle encore herbe de Saint-Dominique.
2. « Il est impossible de faire une visite dans tout le bassin de la Plata sans
» que l’on vous apporte immédiatement cette boisson, sous la cabane enfumée* du pauvre gaucho comme dans 1’hôtel somptueux des riches habitants desi villes; à peine êtes-vous arrivé que l’infusion nationale fait son apparition.» L’absorption du maté est en quelque sorte réglée par un code de courtoisie» dont il est utile de connaître tout au moins le3 premiers principes. Ainsi, dès» qu'un étranger entre dans une maison, l’inévitable courge, armée de sa« bombilla {sorte de chalumeau en argent ou en métal), lui est immédiatementb présentée. Le premier devoir est de l’accepter; le second, de l’offrir sucres-» sivement à toutes les personnes présentes qui vous répondent : Ao, esta enb buenos manos (Non, elle est en bonnes mains). Fort du compliment, vous» avalez la drogue, petit travail qui dure environ cinq minutes; l’instrument» doit être alors restitué a la maîtresse de la maison; celle-ci s’empresse dy» remettre de l’eau chaude et de repasser le tout au voisin; puis l opération» continue ainsi indéfiniment. Cette consommation de maté doit durer tout le» temps de la visite, à moins que, heureux touriste, vous ne connaissiez la» formule polie à employer pour prévenir qu’à la prochaine tournée vous seriez» bien aise de vous abstenir. Pour moi, qui ai mis longtemps à saisir cette» formule, craignant de manquer à tous les usages, j avalais, j avalais, et c était» détestable. » (Charles d’ÜRSEL, Sud-Amérique.)
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