544 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
chose que fait un Sud-Américain , le plus ordinairementavant de quitter son lit ou son hamac. Réconforté par saliqueur favorite, il monte à cheval, vaque à ses affaires etattend sans impatience le repas du milieu du jour.
» Ainsi concentrée, prise sans sucre et à jeun, cetteinfusion est irritante. Beaucoup de voyageurs ne peuventla supporter ; elle détermine des nausées et des vomisse-ments. Le maté léger et aromatisé a des propriétés irri-tantes encore, mais beaucoup moins énergiques, quoiqu’ilne convienne pas à toutes les organisations ; l’estomac s’enarrange as’sez mal, surtout au début ; il agit aussi sur lecerveau et éloigne le sommeil. Cette boisson paraît néces-saire à l’habitant du Sud-Amérique qui engloutit des quan-tités énormes de viandes mal cuites, sans pain, souventsans farineux (manioc, maïs), et toujours sans vin; c’estpour lui un digestif obligé. On peut encore, ainsi que jel’ai vu dans la province de Saint-Paul, prendre le maté eninfusion théiforme. C’est une manière que, pour ma part,je trouve préférable à l’autre. On évite l’aspiration desnombreuses particules de la plante qui arrivent à la boucheà travers les trous de la bombilla ; on juge mieux de la forcedu breuvage, et, considération à mettre en première ligne,il n’y a plus nécessité de se servir d’un tube qui a passésuccessivement par les lèvres d’une foule d’individus, àcommencer par celles de l’esclave qui est chargé de sapréparation, sans qu’on ait pris soin de le laver une seulefois ; laver une bombilla est une chose qu’un buveur dematé n’a jamais faite. »
Docteur Alfred Demersay 1 ,Histoire physique , économique du Paraguay .
(2 vol. in-8°, avec cartes et planches. Paris, iS65, Hachette .