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« Le maté provient des feuilles d’un arbre originaire del’Amérique du Sud , Vüeæ paraguay ensis. Cet arbre, haut de3 à 6 mètres, vient spontanément dans les bois, sur lesplateaux qui dépassent. 400 à 600 mètres. On ne l’a rencontré
que dans le bassin du Rio de la Plata.Avec les feuilles on
fabrique un produit qui remplace le thé et le café pour despopulations répandues sur un espace aussi vaste que l'Europe .Les trois provinces du sud du Brésil, la République orientale ,la République argentine, une grande partie du Chili, du Pérou et de la Bolivie consomment cet aliment. Son usage est gé-néral chez les habitants des campagnes et chez les habitantsdes villes peu aisés.
» L’importance de cette consommation est facile à apprécierpar le chiffre des transits et des exportations. Une seule pro-vince du Brésil, le Parana , exporte chaque année environ I 3 mil-lions de kilogrammes de maté ; une autre, celle de Sainte-Catherine, une quantité égale au tiers de la première ; leBrésil , environ 30 millions de kilogrammes par an. La pro-duction du Paraguay égale à peine le sixième de celle duBrésil... C’est dans ce pays que les jésuites commencèrentl’exploitation du maté. Ayant trouvé cette substance employéecomme boisson par les Indiens Guaranys, ils en étendirentl’usage à toutes les régions placées sous leur domination.
» . Cet aliment actif présente sur ses similaires, le thé et
le café, un avantage considérable, son excessif bon marché. Lematé bien préparé se vend aujourd’hui de 7 à 10 francs les13 kilogrammes rendus à Antonine, port d’embarquement duParana, et chaque kilogramme peut fournir 40 litres cl’infu-sion forte et amère, soit moins de 2 centimes pour t litred’infusion... Le prix actuel est surélevé par les frais de trans-port et d’enveloppement. Une charge de mules de 100 kilo-grammes que l’on a achetés 3 à 10 francs à Guarapuava ou àCastro, vaut 23 francs à Curitvba, la capitale du Parana , et33 au bord de la mer. Transporté à petites journées, le longde routes à peine tracées, par de véritables caravanes de mules,ce maté qui coûtait 10 francs a payé 30 francs de transportpour moins de 300 kilomètres. Une fois qu’il sera préparé, sonenveloppement avec des barils ou avec des cuirs de bœufnommés surons coûtera encore quatre ou cinq fois plus cherque son premier achat, et deux ou trois fois plus cher que sapréparation dernière. »
M. Couty estime que le bon marché du maté augmentera