baO LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
cherchée au Brésil et à Cuba pour l’alimentation des nègres.Mais elle n’est pas faite pour le marché européen, et celui-cine s’accommoderait pas mieux du charque dulce, soit de lamême viande, desséchée seulement et non salée d’abord.Depuis quelque temps, on a bien essayé d’utiliser d’une ma-nière plus avantageuse la chair des animaux abattus, et il enarrive en Europe quelques quantités sous le nom d 'Extraits deviande préparés par le procédé Liebig . On a obtenu dans cettevoie quelques bons résultats, mais forcément limités, et puis-que les producteurs argentins et uruguayiens semblent avoirconçu l’ambition de devenir, en fait de viandes conservées, lesfournisseurs attitrés de l’Europe etsurtoutde l’Angleterre, qui,en ce moment même, regarde du côté du Canada et des Etats-Unis , pour le futur approvisionnement de ses formidablesboucheries, il n’était que temps, pour eux, de chercher,comme ils l’ont fait, quelque chose de mieux *. »
De Fontpeutujs.
[Journal des Économistes, i* r septembre 1881.)
« Beaucoup de producteurs de l’Amérique du Sud discutentsérieusement l’avenir d’exportations qui seraient basées sur letransport des animaux vivants ou des viandes refroidies ; leséchecs successifs du Paraguay et du 'Frigorifique, les pertessubies par divers acheteurs de bétail sur pied n’ont pas suffi àles convaincre. Ils n’ont pas su se rendre compte qu’il est facilede maintenir à une bonne température des viandes du Canada et de l’Amérique du Nord , puisqu’elles traversent toujours deszones relativement froides pour arriver aux marchés de vente.Au contraire, pour les viandes de l’Amérique du Sud quiauront à traverser toutes les zones équatoriales, et à faire un
1. C'est en 1875 qu’a commencé sérieusement l'importation de la viandefraîche des ports d'Amérique à ceux d’Angleterre. Depuis ce temps, ce com-merce, qui paraissait impossible autrefois, s’est développé dans des proportionsénormes; New-York et Philadelphie ont expédié en Angleterre, pendant cer-taines semaines, notamment en 1S76 et 1877, jusqu’à 8 ou 10 millions de rationsde viande fraîche par jour, à raison de 500 grammes par ration. C’est par lemarché de Chicago que passent la plupart des animaux qui fournissent cetteviande. A Chicago , le prix du kilogramme de boeuf de la première qualité variede 0 fr. 70 à 1 franc. A New-York il s’élève de i franc à 1 fr. 20. Ceux dumarché de Londres atteignent i fr. 60 à 2 fr. 10 par kilogramme. On voitl'avantage que peut présenter le transport en Europe de 3 viandes améri-caines .