Eloi lectures et analyses de géographie.d’épaisseur. Ces habiles découpeurs sont les mieux payés ;car c’est le juste milieu qui préservera ces chairs de la cor-ruption, d’une part, de la dessiccation de l’autre. Ainsi, pré-parée, la viande est exposée quelque temps au soleil, puisplongée dans un bain de saumure qui a pour objet de la pu-rifier, enfin empilée par grands tas composés de couchesalternatives de viandes et de gros sel blanc. On la retourneplusieurs fois, on la reporte à l’air, au soleil, on la remeten tas, puis au bout d’un mois environ on la livre au com-merce. Elle ressemble alors, par l’aspect et la couleur, à dela morue desséchée. Rien qu’au Brésil , où elle est connuesous le nom de carne secca , il s’en consomme chaque annéedes milliers de quintaux ; elle forme le fond de l’alimenta-'tion de la race nègre, qui en fait le plus grand cas.
» Tous ces travaux, toutes ces préparations que je viensde décrire sont du domaine commun de tous les salarier os.Pour la fabrication spéciale de l’usine Liebig , pour la pro-duction du fameux extradant carnis , on choisit des mor-ceaux de viande spéciaux. On en détache les os et la graisse,et on les introduit dans un engin d’où ils sortent hachésmenus. En cet état ils sont successivement portés dans deschaudières, puis sous de fortes presses. Le jus s’écoule,finement tamisé; on le fait bouillir pendant quelquesheures, puis on le laisse congeler pour le renfermer dans desboîtes de fer blanc d’un pied cube environ. C’est sous cettedernière forme que l’extrait concentré est toujours expédié.
» La compagnie Liebig est aujourd’hui devenue éminem-ment cosmopolite. Fondée par un Allemand , d’une partelle opèreet contracte sous une marque anglaise : L.M.E.C.
(.Liebig méat extract Company ), sans doute parce que cesont les capitaux anglais qui se sont tout d’abord emparésde l’entreprise; cependant, l’Allemagne et la France , laBelgique surtout, y ont aussi d’assez gros actionnaires.D’autre part, elle occupe, comme ouvriers, et en majeurepartie, des Ecossais et des Basques, et reste dirigée par deschimistes allemands. C’est une véritable « tour de Babel »où cependant tout marche, et où les peuples les plus diverss’entendent à merveille. L’établissement travaille, à partir