tance de ces braves gens ; nous ne parlons pas de leur pro-bité, elle est connue de tout le monde. Impassibles, tou-jours do bonne humeur, pour un maigre salaire, ils affrontentle mauvais temps, les neiges et tous les dangers sérieuxque présentent les passages des Andes . Qu’il suffise desavoir qu’un voyage, aller et retour, dans la Cordillère deCopiapo, se paye douze piastres en été et dix-sept en hiver.Il est vrai que tous les frais de nourriture et de séjour sontà la charge du patron ; mais on sait ce qu’est un voyage
■ d’hiver, et les accidents, soit de mort, soit de congélationspartielles, n’y sont pas rares. On rencontre dans les pro-vinces des Andes plus d’un individu qui a perdu les doigtsdes pieds ou des mains, et quelquefois même un membreentier dans ces traversées.
» Les voyayeurs marchent un peu plus rapidement etfont des traites de douze à vingt lieues, en moyenne treizeou quatorze lieues par jour. Lorsqu’on porte avec soi unetente, un matelas et des vivres, de bons vêtements, levoyage est très supportable, et l’on ne souffre guère que del’extrême sécheresse des plateaux, et quelquefois de la punaou soroche.
» On donne le nom de puna à cette sensation pénible, àcette anxiété respiratoire que quelques personnes éprouventlorsqu’elles se trouvent à de grandes hauteurs. Cette sen-sation est certainement due à la raréfaction de l’air, car, à2400 mètres, altitude des plateaux, la colonne baromé-trique est réduite en moyenne à 0 m ,460, c’est-à-dire à300 millimétrés de moins qu’au bord de la mer, et il estimpossible qu’une si énorme différence dans la pressionatmosphérique ne produise pas une impression profondesur l’économie animale. Cette impression varie d’ailleursselon les personnes ; les unes ont la respiration gcnée, lesautres éprouvent une sorte de migraine et perdent l’appétit.Beaucoup n’éprouvent rien ; mais lorsqu’on veut marcher,presque tout le monde sent une fatigue insolite.
■ » Les animaux éprouvent également celte fatigue de larespiration dans leur première traversée des Cordillères ;mais ils s’y habituent assez vite, et telle est leur vigueur,