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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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578 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,seraient une source de déceptions pour celui qui, sur la foide pareilles assertions, songerait à tenter l’élevage dans lapampa. L’animal sauvage, cheval, hôte à corne, ou bête àlaine, n’existe pas et n’a jamais existé dans l’Amérique duSud ; toutes les races que l’on y trouve aujourd’hui y ontété importées parles Espagnols à l’époque de la conquête dece pays, et si elles se sont développées et multipliées dansdes proportions considérables, ce n’est ni sans travail, nisans longs efforts. Non seulement il a fallu à l’origine lesacclima ter 1 et les entourer de plus de soins qu’on ne l’eûtfait en Europe , mais encore pour ainsi dire dompter lapampa ; l'animal lui-même à dû faire sortir du sol en le la-bourant avec son pied, les riches graminées, alors in-connues, dont il tire aujourd’hui sa nourriture. Le travailde la transformation du sol et de ses produits a été aussilent et aussi coûteux qu’il est productif, et des générationsentières d’animaux ont été sacrifiées pour préparer à leurssuccesseurs la vie paisible dont ils jouissent depuis dans cesrégions. Ce travail est d’autant plus facile à étudier qu’aprèstrois siècles il est loin d’être terminé, et qu’il reste encore àconquérir delà même manière dix-huit mille lieues carréesde pampas dans la seule province de Buenos-Ayres .

» Celui qui a traversé les mers et contemplé l’horizon del’Océan calme a vu la pampa. Immense, sans limites, sansvariété, à peine accidentée de quelques plis de terrain plusétendus que profonds, semblables à la longue vague del’Atlantique, elle apparaît partout comme un désert deverdure ; même dans les endroits très peuplés d’animaux,

1. Les chevaux ont été acclimatés sur les rives du Parana par les conquis-tadores du seizième siècle. Ils se multiplièrent dès cette époque dans la pampaavec une rapidité extraordinaire; malgré les maladies, les sécheresses, lesguerres continuelles* qui en font d’effroyables consommations, — on compteque plus de quatre cent mille ont péri dans la guerre du Paraguay , — malgréles destructions opérées systématiquement par les éleveurs qui en utilisentla graisse, la peau, les os et les sabots, les chevaux de la Piata pourraientsuffire encore à tous les besoins d’une population dix fois plus considérable.Cette race, originaire de l'Andalousie , petite, aux jambes fines, au cou court,assez semblable au cheval arabe, s’est fortifiée et endurcie dans la pampa : iln’est pas rare de trouver un cheval capable de fournir une course de 30 à40 lieues par jour. La course faite, le gaucho desselle et lâche sa bêle en touteliberté et ne s’en préoccupe pas ; à elle de chercher sa nourriture et de semettre en quête d’yn puits ou d’une mare pour se désaltérer.