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AMËRIQUlî DU SUD. 581
gaucho a femme et enfants ; rarement il a un état civil, ra-rement il est marié, faute de villages, de moyens de trans-port, surtout par indifférence 1 . Le gouvernement ne faitrien pour améliorer cette situation ; quant au gaucho , s’ilest indifférent à des formalités qu’il comprend à peine, ilrespecte au moins les liens qu’il s’est créés et élève sesenfants, comme il a été élevé lui-même, jusqu’à ce qu’ilspuissent aller seuls à cheval. À trois ou quatre ans, ilssavent se tenir en selle et essayer un galop sur un chevalbridé d’une simple corde passée dans la Louche ; à six ans,ils gardent les moutons, et ne craignent pas à dix ou douzede monter les chevaux les plus difficiles. Ils puisent danscette éducation l’habitude de ne rien faire de leurs bras etreculeront toujours devant tout travail qui ne puisse sefaire à cheval ; appliquant leur esprit inventif à substituerce complaisant auxiliaire à eux-mêmes dans tous les effortsque les circonstances leur imposeront, sans autre instrumentqu’un lasso attaché à une sangle fortement serrée autour duventre du cheval, ils pourront exécuter tous les travaux deforce. » Emile Daireaux ,
Buenos-Ayres , la Pampa et la Patagonie.
(Paris, 1S77, in 18, Hachette .)
lies colonies agricoles de la RépubliqueArgentine .
L'ensemble des colonies agricoles de la République Argen-tine , principalement situées dans les provinces de Santa-Pé,de l’Entre-Rios et de Buenos-Ayres , forment une superficie de160 lieues carrées. Elles sont peuplées par 3 200 familles en-viron, comprenant 16 678 individus. Ceux-ci se répartissententre dix-sept nationalités : 5 857 Suisses , 4 157 Italiens,2364 Argentins, 1 889 Français, 1 483 Allemands, 486 An-glais, 215 Espagnols, 82 Nord-Américains , 54 Belges,42 Danois , 15 Brésiliens, 11 Chiliens, 10 Suédois, 6 Polo-
t. « Ce sont de grands enfants; il faut les traiter comme tels : menteurset vindicatifs, ils se vengent, mais en se cachant de leur ennemi ; si au con-traire voilà leur faites quelque bien, jamais ils ne vous diront merci. Lorsqu unmaître renvoie un serviteur, il doit le faire avec une exquise urbanité, scuspeine d'en pâtir cruellement. » (Ch* D b T RSEL.)