Buch 
L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
582
JPEG-Download
 

582 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

nais, 5 Paraguayens, 2 Orientaux. Ces colons, trop pauvrespour se livrer à l’industrie pastorale qui exige dans les pampas,sous peine d’insuccès, une première mise de fonds assez con-sidérable, cultivent principalement le blé et le maïs.

M. le lieutenant de vaisseau Peyrouton de Ladébat donneles renseignements suivants sur le caractère des colons d’aprèsleur nationalité.

« La Suisse et l’Italie sont, jusqu’à présent, les seules na-tions qui fournissent une émigration un peu nombreuse ; etpourtant, on sait que les sujets de ces deux nations professentpour le sol natal un attachement prononcé. Les familles quis’expatrient ne le font qu’après avoir perdu tout espoir d’unavenir favorable dans leur pays; elles émigrent alors pourles rivières de la Plata, soit à la suite des renseignementsqu’elles obtiennent par les journaux ou par les agents d’é-migration, soit en vertu de contrats de colonisation passéssur les lieux.

« L’immigration suisse se dirige presque en totalité versles colonies; mais elle fournit une plus grande proportion demauvais colons que la France et l’Italie . Cela tient à ce qu’ellese compose, en grande partie, de gens appartenant à la der-nière classe de la soeiété, n’ayant aucune notion d’agriculture,n’étant pas accoutumés aux rudes travaux des champs, neconnaissant ni le climat, ni la configuration d’un pays si diffé-rent du leur; autant de causes qui les font tomber dans ledécouragement et la nostalgie au moindre contre-temps. Lesbonnes familles elles-mêmes, ayant quelque éducation et unecertaine intelligence, aptes aux travaux agricoles, ont beaucoupde peine à se faire à ces nouvelles conditions; une fois accli-matées, elles s’attachent à leur concession, de telle sorte qu’ellesne tardent pas à y construire de bonnes maisons de pierre, lesentourant de toutes les commodités pour les jouissances delàvie domestique.

» L’immigration italienne est presque exclusivement com-posée de Lombards et de Piémontais, infatigables au travail,ayant de bonnes mœurs et une sobriété reconnue. Dès leur ins-tallation, ils se mettent courageusement à l’œuvre pour gagnerde l’argent et dégrever leur propriété territoriale. Nul mieuxqu’eux ne sait tirer parti de la terre, mais ils se préoccupentpeu d’embellir leur propriété. Arrivés à la fortune, ils n’enhabitent pas moins le rancho primitif, s’alimentent de la mêmemanière et mènent la même vie que lorsqu’ils gagnaient à