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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMÉRIQUE DU SUD . K83

peine leur subsistance. C’est là la règle générale qui souffrepourtant de nombreuses et remarquables exceptions.

» L’immigration française promet d’être un élément puis-sant pour l’agriculture. Elle fournit beaucoup de gens intelli-gents, et le colon français a la louable ambition de s’entourerd’une certaine élégance et d’un bien-être qui va même jusqu’auconfortable. Mieux que tout autre, il possède le don de conver-tir en ornements pour sa maison, sonjardin, son potager, etc.,jusqu’aux objets et aux ustensiles les plus grossiers et les plusrustiques ; il s’adonne particulièrement à la culture des arbresfruitiers.

» L’immigration basque ne sort guère de Buénos-Ayres, etrayonne tout au plus dans les villages peu éloignés de cettecapitale. On rencontre très peu de Basques dans les colonies.Ces immigrants arrivent toujours avec un but arrêté à l’avance,attirés par leurs relations de parenté ou d’amitié, et ils y trou-vent immédiatement un emploi dans certains métiers spéciauxqu’ils exploitent comme un monopole. Les Basques recherchentles travaux qui exigent le plus de force et d’assiduité ; ils acca-parent les emplois dans les saladeros, les briqueteries, condui-sent les attelages de chars à bœufs, etc. C’est la nationalité quiadopte le plus facilement les mœurs du pays et qui est le plussympathique aux habitants.

» L’immigration allemande, qui a tant fait progresser lacolonisation aux États-Unis , n'est représentée dans la Plataque par quelques colons du Wurtemberg, de la Hesse, dugrand-duclié de Bade, du Hanovre et du Mecklembourg.Comme les Suisses , ils s’habituent difficilement au pays, dontils apprennent, la langue avec peine; mais une fois acclimatés,il n’y a pas de meilleurs colons, ni d’agriculteurs plus intelli-gents 1 . »

Peïiiouton de Lai>éhat,

{Revue maritime et coloniale , L., 1876.)

1. En dix-huit ans, l’émigration européenne a fourni quatre cent mille per-sonnes à la république Argentine (1857-1875). Cette émigration est encorebien timide (11 %) si on la compare à celle de l'Australie (70°/o) et a celle desEtats-Unis (79 °/o)- Le gouvernement offre pourtant aux immigrants de grandsavantages: il paye leurs frais de traversée et les installe gratuitement, gratinede 100 hectares de terre les cent premières familles, les cède aux autres a 10 fr.l’hectare, payables par dixième, avance à tous une année de vivres, avec lebétail, les semences, l’argent nécessaire à la construction d un gîte, le tout jus-qu’à concurrence de 5 000 fr. payables par cinquièmes au bout de la troisièmeannée d’occupation.