Fia. II.
Fig.IÍ.Fia. II.
30 Recueil de
tre extrémité intérieure AC est une double manivelle CCM,soutenue sur le pont du vaisseau à l’endroit M, par unmontant qui excède un peu la hauteur du sabord. A charque coude de cette manivelle, comme M,est une piecede fer séparée en deux branches à peu près dans le milieude fa longueur, qui vont joindre aux points H H la barreGFG d’un châssis GHHG qui contient la moitié de la lon-gueur du vaisseau. Ce châssis qui est tout de fer, est suspenduaux points HH au-dessous du deuxieme pont par d’autrespieces brisées à charnière, au moyen deíquelles on appli-que le châssis tout contre les baux du pont, comme on lepeut voir à l’inspection de la troisième figure. Ce châssisest encore formé par d’autres barres II, où font appliquésles hommes destinés à faire tourner ces rames.
Chaque partie des barres H H qui servent de suspensionau châssis se meuvent autour des boulons qui les as-semblent, tant dans leur milieu, qu’aux endroits du pontoù ils font suspendus d’où il ssensuivra que tout le châssispourra se mouvoir latéralement suivant la longueur du vais-seau. Les deux châssis de droite & de gauche étant sembla- 'blés, il est clair que l’un des deux agissant, par exemple, lechâssis de la droite poussant vers la gauche, fera tourner lamanivelle,& par conséquent les rames frapperont seau tou-jours perpendiculairement; par ce mouvement on fait faireaux rames une demi-révolution, qui font ensuite la révo-lution entiere au moyen du châssis pratiqué à gauche , quipour lors est poussé à droite, de maniéré que l’un & l’au-trese meuvent alternativement de droite à gauche, d’où ilsuit que la rame doit circuler toujours du même sens.
M. de Chazelles, de l’Académie Royale des Sciences,a fait un calcul de l’avantage de ces rames , qui se trouveimprimé dans l’Histoire de la même Académie de 17 02 ,page p8. Ce calcul étant fondé fur les expériences faitesa Marseille & au Havre , on a cru qu’il étoit nécessaire dele rapporter ici tel qu’il est imprimé.
CALCUL DES RAMES TOURNANTES ,
PAR M. DE CHAZELLES.
P Our bien juger de la force des rames ordinaires , &de la vitesse qu’eiles peuvent procurer , on les doitconsidérer fur la Galere , qui est le bâtiment auquel on atâché depuis un temps immémorable de donner toute la for-ce & la vitesse dont elles font capables.
Une galere ordinaire a 26 rames de chaque côté, &chaque rame a 36 pieds de longueur, dont 24. pieds fonthors de la galere, & 12 en dedans ; mais la partie qui estdans la galere est aussi plus grosse & renforcée de bois àproportion, pour faire équilibre avec celle de dehors, lepoint d’appui étant fur bord de la galere.
Le bout de la rame qui entre dans steau, qu’on appellela pale, a demi-pied de largeur & environ 5 pieds delongueur ; ainsi chaque rame pousse une surface d’eau dedeux pieds & demi, & les 2 6 , 52 pieds.
II y a 5 hommes par rame, ainsi on peut considérer les26 rames comme toutes liées ensemble, agissant en mêmetemps, & poussant < 5 5 pieds quarrés d’eau, avec la force de130 hommes.
Les vogueurs font force inégalement : celui qui est aubout de la rame, qu’on appelle le vogu’avant, fait une gran-de fatigue parcourant à chaque coup de rame ou paladel’espace de 6 pieds, les autres moins à proportion, & ce-lui qui est le plus près du point d’appui ne fait presquepoint de force ni de mouvement ; ainsi lorsqu’il s’agit devoguer long-temps, il faut qu’ils se relevent & succèdentles uns aux autres, & cela cause un peu de retardement.
La palade se donne en trois temps ; le premier est pourse lever, le second pour porter la pale en avant, le vo-gu’avant faisant un pas, & allongeant son corps devers lapoupe; le troisième pour tomber en se renversant les brasv en-haut pour plonger la pale dans l’eau : & il n’y a que ce
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troisième temps qui sert pour faire courre la galere de sa-vant. II faut remarquer qu’enmême temps la chute de toutela chiourme, qui est de 260 hommes, fait une autre im-,pression à la galere, la faisant enfoncer, ce qui doit retar-der sa vitesse ; & le mouvement se fait ainsi par secousse ousaccades.
J’ai remarqué (c’est M. de Chazelles qui parle ) qu’unegalere voguant de la plus grande force à pouvoir durerlong-temps en calme, ne donne pas plus de 24 palades parminute, & que la premiere rame donne dans les eauxde la septième ; ce qui donne par palade un intervalle desix bans, qui font 3 toises, & par conséquent 72 toisespar minute, êc 4320 toises par heure , qui font 5 bonsmilles, ou une lieue & deux tiers par heure. J’ai vérifiécette estime par d’autres observations faites par le Loc,comme aussi en parcourant des distances connues d’un capà l’autre ; & je fuis assuré qu’une galere voguant tout enplein calme pendant un temps considérable, ne sauroit fairedeux lieues par heure. Voilà pour ce qui regarde la vitesseque peuvent donner les rames ordinaires.
Donnant aux rames tournantes 12 pieds de longueurdepuis le centre de leur mouvement jusqu’au bout de lapale, en les faisant entrer de six bons pieds dans l’eau,mettant le point d’appui à 5 ou 5 pieds au-dessus de la lignede floraison, on peut donner à la paie jusqu’à trois pieds delargeur, & même plus s’il est nécessaire ; ainsi l’on pousseracontinuellement &. fans interruption 18 pieds quarrés d’eauavec plus ou moins de force, suivant le nombre d’hommesqu’on appliquera fur les manivelles, lesquels font forcetous également avec un mouvement de trois pieds seule-ment , dans lequel ils peuvent durer beaucoup plus lon-guement que le vogu’avant de la galere ordinaire, qui faitun mouvement une fois plus grand , comme nous avonsdit, qui le met d’abordtout en sueur, & l’oblige à se mettrenu d sans chemise pour continuer.
On jugera de la vitesse du chemin que l’on fera par lavitesse avec laquelle les rames tourneront; & si elles fontseulement un tour en dix secondes, on égalera la vitesse dela galere, puisque le tour est de 12 toises,supposant,comme on a fait pour la rame ordinaire, que l’eau ne cedepoint; mais pour une plus grande justesse dans l’estime, ilfaudra savoir par plusieurs expériences fur des distancesconnues, de combien l’eau cede à proportion de la vi-tesse des tours ; & l’on aura d’autant plus de précision quece tour des rames tournantes est plus grand que l’efpaceparcouru en une palade de rames ordinaires.
On ne doit pas douter que la force de cent hommes, parexemple, poussant continuellement un volume d’eau de18 pieds quarrés de chaque côté, ne mette bientôt en mou-vement le plus gros vaisseau , puisqu une simple chaloupese fait sentir nonobstant les inconvéniens qui se trouvent àla remorque, comme nous les avons remarqués dans un mé-moire particulier. Ainsi je fuis fortement persuadé que cesrames serviront aux plus gros vaisseaux très-utilement, &même plus avantageusement qu’aux petits; puisqu’outre laforce de l’équipage, qui peut leur fournir dequoi mettreun grand nombre d’hommes fur les manivelles, ôc les re-lever par d’autres tout frais, pour continuer ce service, ilsont encore un espace bien plus grand pour placer com-modément les ailes des manivelles, & les faire mouvoirfans embarras,ce que l’on feroitpius difficilement dans unpetit vaisseau dont l’entre-deux des ponts est très-bas, &ordinairement fort embarrassé.
Qoique ce calcul fasse voir beaucoup d’avantages dansles rames tournantes, il se trouvoit un inconvénient auquell’Auteur a remédié depuis; il consiste en ct que les ramesen sortant de seau se présentent toujours fur leur plat, ôcentraînent avec elles, ( après leur action) une nape d’eau -qui est un obstacle à vaincre, ce qui n’arriveroit pas si larame sortoit de l’eau par son tranchant.
L’Auteur a donné un moyen qui remédie à cet inconrvénient, & que l’on va décrire ci - après N?. 5 5.