PREFACE
J’ai donné en quatre années (186/j—4 867), c’est-à-dire encent soixante-quinze leçons (1), l’histoire générale des sciencesmédicales depuis les temps historiques jusqu’aux premièresannées du xix e siècle. La tâche semblait d’autant plus difficile,l’entreprise d’autant plus téméraire, que l’histoire de la mé-decine était restée fort en arrière des autres histoires, et quejamais pareil cours n’avait été fait, non-seulement à Paris ,mais en France . Je souligne le mot jamais parce que je suisen état de le défendre. Il y a eu quelques tentatives sérieuses(je ne parle que de celles-là); malheureusement elles n’ont pasabouti. J’ai indiqué dans ma première leçon (voy. plus loin,p. 2) ce qu’avait été, à Paris , l’enseignement de l’histoiredepuis le rétablissement de l’École de santé jusqu’à la sup-pression de la chaire, en 1823 (2).
M. Dezeimeris, qui a beaucoup insisté, dès 1837 et à
(1) Elles ont été résumées ici en trente-quatre leçons.
(2) J’ai parlé dans ma leçon d’ouverture (p. â) du Cours de Goulin,maissans en avoir pris connaissance par moi-même. J’ai pu tout récemment,en 1869, sur la demande qu’en a faite M. le ministre de l’instructionpublique, et grâce à la bienveillance de M. Loriquet, bibliothécaire dela ville de Reims, avoir communication à Paris de presque tous lesmanuscrits laissés par Goulin. Le Cours d’histoire, formant cinq volumesgrand in-folio, commence après le déluge et finit avec l’École d’Alexan-drie, avant Galien. Ce cours a été revu et annoté à diverses reprises parl’auteur lui-même qui y a mis la dernière main « entre quatre et cinq