« les Alliés (la coalition) & S. A. un traité qui« contenoit des conditions fi avantageufes qu’il« (le Duc) n’avoit pas pu fe difpenfer de l’accepter.« Le temps développera ce myftère. »
On pouvait s’attendre d’un jour à l’autre à l’ou-verture des hostilités, mais le Conseil de Genève paraît avoir envisagé cette éventualité avec beau-coup de calme et de sang-froid ; il décida le 8 octo-bre de prévenir Messieurs de Berne « & de prendre« les précautions convenables pour la fureté« publique, fans paraître trop alarmé, parce qu'il« y avoit du péril que la France nous témoignât« du mécontentement, lî nous failîons de l’éclat en« nous allarmant avec trop de précipitation & en« allarmant auffi nos alliés. »
Ce passage du Registre est caractéristique; ilmontre quelles étaient les dispositions du Conseil,au moment où la guerre allait éclater dansle voisinage ; il fallait se tenir sur ses gardes,prendre des mesures de précaution et de défense,sans avoir l’air de se défier du puissant voisin.
Tout en affectant d’être fort rassuré, le Conseilse comportait comme s'il ne l’était pas ; en effet, ilse préoccupe aussitôt d’approvisionner la ville,de faire venir les blés des particuliers et des dîmesde la Seigneurie. Il s'adresse en même tempsau Résident de France pour obtenir que la Répu-blique puisse tirer librement ses denrées du pays